EDITORIAL | On l'appelle l'Ogre des Ardennes. Et la métaphore reste en deçà de la réalité. Michel Fourniret qui va comparaître avec son épouse, ce matin, devant la cour d'assise de Charleville, est effectivement un prédateur cruel, un être froid, cynique et calculateur prêt à tout pour satisfaire ses pulsions bestiales et criminelles. Un obsédé de la virginité. Un dissimulateur rusé. Un monstre intelligent? Cela reste à démontrer. Mais un homme dépourvu de la moindre humanité, certainement.


Fourniret partait «en chasse» deux fois par an, avouera son épouse. Deux fois par an, pendant plus de vingt ans, cela fait beaucoup de victimes et sans doute encore beaucoup de victimes inconnues.

La justice va donc tenter de faire le tri entre la part de l'ombre et de la lumière dans la cavale franco-belge de ce tueur en série hors norme. Tout en sachant que l'obscurité, la noirceur subsisteront.

De cet homme taiseux qui conçoit son procès comme un de ses plus beaux rôles, de ce lien trouble et diabolique qui unissait les époux Fourniret, nous ne connaîtrons jamais que la vérité dite «judiciaire».

Michel Fourniret et Monique Olivier seront donc jugés, dans deux bons mois. Jugés et condamnés puisque la présomption d'innocence ne vaut, dans leur cas, rien de plus qu'une simple précaution oratoire.

Peut-être serons-nous, malgré tout, déçus à l'issue du procès. On sera tenté, comme on l'a été dans un passé récent, de refaire le procès de la justice (française), de ses limites, de sa lenteur, de son manque de transparence, de son aveuglement et de son inefficacité.

Mais, après avoir entendu tant de témoignages et de souffrances, nous serons surtout déçus par les turpitudes dont sont capables certains représentants de l'espèce humaine. Et parce qu'aucune peine infligée par la justice des hommes ne sera jamais à la hauteur de l'horreur commise.

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