Du Soo-Bahk-Do de niveau européen

À Sart-Saint-Laurent, le club de... Mettet a ramené quelques médailles du récent Championnat d'Europe organisé à Wavre.

Les élèves ont imité le maître lors du récent championnat d'Europe de Soo-Bahk-Do (prononcer «Sou»-Bahk-Do) à Wavre. Christelle Lefèvre, la jeune et dynamique instructrice du club de Mettet a, en effet, décroché le titre continental en «combat dames». Ce qui lui a valu quelques côtes froissées, mais cet inconvénient a été largement compensé par la satisfaction de voir ses élèves ramener une belle moisson de médailles vers la région fossoise où son club a désormais installé ses pénates (v. par ailleurs). Huit sur les dix engagés sont montés sur les podiums... «Oh, cette blessure ce n'est pas bien grave, j'apprends à faire avec en donnant mes cours, dit-elle. C'est un regrettable incident de parcours pendant mon championnat, car en théorie le Soo-Bahk-Do interdit tout contact même pendant les combats. D'ailleurs, j'aurais pu demander l'arrêt du match en ma faveur mais j'ai souhaité poursuivre jusqu'au bout».

Au championnat d'Europe, la journée est traditionnellement scindée en deux parties. Un stage a lieu le matin avec la visite du Grand Maître mondial H.C. Hwang et la présence d'autres grands maîtres des pays participants, en plus du maître Boussalaa (du club de Grand-Leez) responsable pour la Belgique. Et les compétitions ont lieu l'après-midi, en deux parties un peu comme en karaté: la forme (comme en kata) et le combat (simulé). «Les bases du Soo-bahk-Do incluent des notions de concentration (contrôle et précision des mouvements) et de respect, explique encore Christelle Lefèvre. Je crois d'ailleurs que c'est le principal attrait de notre discipline. Notamment auprès des parents lorsqu'ils inscrivent des enfants. S'ils savent qu'il n'y aura pas de contact violent, ils sont déjà en grande partie rassurés.»

Mais résumer cet art martial coréen à ce seul aspect non-violent ne serait pas tout à fait correct. Car il inclut comme dans d'autres disciplines les coups et techniques de défense. «Oui, il y a évidemment toute une panoplie de coups d'attaque à exécuter d'une façon précise. Mais aussi des mouvements respiratoires plus lents. Des combats codifiés, de la compétition et des techniques de self-defense très utiles. Notamment pour tout ce qui concerne les prises.»

Outre ce championnat d'Europe où de grandes nations comme la France, l'Angleterre, la Suisse, la Grèce et l'Allemagne étaient représentées, quatre compétitions par an réunissent les clubs belges de Soo-Bahk-Do en général. Stages (à l'étranger notamment) et passages de grades sont organisés par les différents clubs (on en compte six autres en province de Namur: Namur, Jemeppe-sur-Sambre, Seilles, Eghezée, Fernelmont et Grand-Leez). «Je crois qu'on peut dire que la discipline est en plein essor, en effet, conclut Christelle Lefèvre. Si mon club compte une trentaine de membres c'est une discipline qui se répand partout, en provenance des Etats-Unis où le grand maître fondateur a essaimé son savoir. Là-bas, les gens n'hésitent pas à payer 200 dollars pour s'inscrire aux cours, là où nous ne demandons que 25 ou 30 euros de cotisation à nos affiliés...»