AUTOMOBILE

Tata se paie Jaguar et Land Rover

Tata se paie Jaguar et Land Rover

(photo Belga)

Tata, le constructeur de la Nano, fait son entrée dans l'automobile de luxe en rachetant Land Rover et Jaguar. Revanche de l'Inde sur l'Angleterre.

Quand , en 2000, le groupe Tata réussit à enlever le fabricant de thé britannique Tetley Tea pour 407 millions de dollars, la presse indienne y voit la «contre-attaque de l'Empire britannique des Indes» sur l'ex-puissance coloniale. Que dire aujourd'hui? Quand l'industriel indien se paie pour 2,3 milliards de dollars ces deux joyaux de la Couronne d'Angleterre que sont les marques automobiles Jaguar et Land Rover. Ceci après avoir avalé, en janvier 2007, le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus pour 10,6 milliards d'euros. La plus grosse acquisition jamais réalisée à l'étranger par une société indienne. C'est que le géant a un appétit d'ogre.

Officialisé hier, ce rachat spectaculaire, au coeur de l'industrie automobile européenne, ne s'est pas fait sans mal. Les négociations avec le groupe américain Ford, propriétaire des deux marques de luxe, ont duré des mois. L'accord définitif comprend l'acquisition des prestigieuses marques, usines et droits de propriété intellectuels. Ford contribuera, à hauteur de 600 millions de dollars, au financement des fonds de retraite des deux marques cédées. Comme prévu, Ford continuera aussi de fournir à ses deux ex-filiales des éléments des moteurs et d'autres composants. Il annonce des transferts de technologies.

Préserver l'héritage

Le président du conglomérat Tata, Ratan Tata, a exprimé hier son «immense respect pour les deux marques» et promis tous ses «efforts pour préserver leur héritage, leur compétitivité et maintenir leurs identités intactes».

Ford avait acquis Jaguar pour 1,6 milliard de livres (2,1 milliards d'euros) en 1989 et Land Rover en 2000 pour 1,7 milliard de livres. Le géant américain, qui a beaucoup investi dans les deux marques y perd, mais en grosses difficultés, il pourra maintenant se «concentrer sur l'intégration mondiale de sa marque Ford afin de dégager une croissance rentable pour tous», a expliqué son patron, Alan Mulally.

Premier constructeur indien de camions et d'autocars, Tata Motors s'était lancé dans la production automobile en 1999 avec une petite voiture rudimentaire, l'Indica. En janvier dernier, il faisait trembler la planète automobile en dévoilant la Nano, la voiture «low cost» la moins chère du monde (2500 dollars, 1700 euros), dont il espère écouler un million d'exemplaires en Inde et dans les autres pays émergents. Avec les limousines Jaguar et les prestigieux 4x4 Land Rover, il se propulse à présent dans le domaine des voitures de haut de gamme, où il n'a aucune expérience.

+ Prolongez l’info dans Vers l’Avenir, L’Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce jeudi 27 mars.