Construction: l'alliance durable

(photo EdA)

La FGTB a plein d'idées pour faire de la construction durable un élément clé du redéploiement wallon. Des idées inédites?

Il y a quelques jours, l'Union wallonne des entreprises soutenait qu'il fallait créer 250000 nouveaux emplois d'ici 2020 en Wallonie. La Centrale générale de la FGTB prend l'UWE au mot. «Chiche!» dit le syndicat, qui propose de commencer à mobiliser tous les partenaires autour de l'industrie intégrée de la construction. Soit l'ensemble des secteurs concernés par le développement de la construction durable.

«Les grandes déclarations, c'est une chose. Se mettre autour de la même table, c'en est une autre», fait remarquer Jacques Michiels, secrétaire général de la FGTB (Centrale générale).

Copier les Allemands, en plus social

Que propose exactement le syndicat? Aller plus loin que les déclarations d'intention et «secouer» les partenaires pour créer de l'«emploi intelligent et vert» autour de la construction durable. Celle qui permet d'associer les préoccupations économiques, sociales et environnementales.

La proposition passe par la tenue d'une table ronde réunissant les partenaires sociaux (patrons et syndicats) et les pouvoirs publics, représentés par le fédéral et/ou le régional. «À partir de là, on peut commencer à établir un plan coordonné et efficace», résume Jacques Michiels. Il paraît que c'est ce qui fait surtout défaut. «Les idées ne manquent pas, en effet. Mais il n'y a pas de coordination et, in fine, aucune efficacité», constate Andrea Della Vecchia, coauteur d'une étude de la Centrale générale sur l'avenir du secteur de la construction en Wallonie.

Ensuite? Il faudrait s'inspirer de l'Allemagne, assure la Centrale générale. Leur «alliance emploi-environnement» serait une réussite qui a permis de créer 200000 emplois depuis 2001 et de rénover 300000 logements par an. Sans oublier la réduction des émissions de CO2 de 2 millions de tonnes par an et aussi d'augmenter les recettes de l'État de 4 milliards d'euros par an (diminution du chômage et augmentation des recettes fiscales et des cotisations sociales).

Cette alliance, comme son nom l'indique, rassemble tout le monde: syndicats, entreprises, pouvoirs publics et associations environnementales.

Les projets de rénovation des bâtiments sont donc introduits auprès de l'Alliance par les propriétaires, locataires ou associations de logements. Ils sont examinés et, s'ils sont acceptés, les candidats bénéficient d'un taux préférentiel pour l'investissement. C'est l'État qui finance.

C'est ça que souhaite la FGTB en Belgique. «Avec, en plus, un volet social qui n'existe pas vraiment en Allemagne. Les moins favorisés pourraient eux aussi accéder à des plans de rénovation et à l'efficacité énergétique de leur logement, via le mécanisme du tiers investisseur», insiste Jacques Michiels.

«Pas si banal...»

Tant qu'on y est, «et au lieu de pleurer sur les pénuries d'emploi ou de menacer de faire appel à la main-d'oeuvre étrangère», glisse Jacques Michiels, il faudrait aussi veiller à instaurer une politique coordonnée de la formation.

«L'offre et la demande de construction durable doivent se rencontrer. Il s'agit aussi de revaloriser les métiers manuels de la construction par la formation. Le secteur véhicule une image assez négative et attire de moins en moins de monde», poursuit-il. «Une formation de pointe à la construction durable, voilà qui mettrait fin à la concurrence du fameux plombier polonais...»

Tout cela tombe bien, note le syndicat. La déclaration gouvernementale de Leterme 1er croise à au moins cinq reprises les propositions de la Centrale générale. La réduction des dépenses énergétiques, des émissions de gaz à effet de serre, l'alliance pour l'environnement et pour l'emploi (avec le financement d'un tiers-investisseur pour la construction durable et l'efficacité énergétique), etc.

Ce qui prouve que la Centrale générale n'a rien inventé? «Notre étude date du début de cette année. Bien avant Leterme 1er et bien avant les déclarations de l'UWE à propos des emplois à créer», fait remarquer Jacques Michiels. Et puis, poursuit Andrea Della Vecchia, «les idées ont peut-être été écrites, mais elles ne sont jamais réalisées pour la plupart».

Jacques Michiels reprend: «Et puis, croyez-moi, faire en sorte que les syndicats, les patrons et les pouvoirs publics se mettent autour de la même table, ce n'est pas banal! Nous lançons l'appel».

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