Un téléfilm retraçant la vie de Françoise Dolto s e tourne en ce moment à Bruxelles, avec «Josie» dans le rôle-titre. Récit d'une rencontre en toute simplicité.

Françoise Dolto, le désir de vivre. C'est le titre du futur téléfilm de Serge Le Péron, qui se tourne pour l'instant essentiellement en Belgique. L'histoire? Celle d'une femme d'exception, médecin remarquable, créatrice d'une discipline aujourd'hui bien ancrée dans les moeurs : la psychanalyse pour enfants. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le téléfilm raconte l'épopée croisée de deux enfants de la guerre, Ben (14 ans) et Claude (10 ans). Ces enfants seront amenés, grâce à Françoise Dolto, à se connaître, à devenir des amis, à vivre une aventure ensemble et puis à se séparer, contraints d'emprunter des trajectoires différentes.

La production, via ces deux mômes, mettra surtout en lumière la «méthode Dolto» : ces jeux, dessins, récits, rêves et mots si particuliers qui lui permettaient d'accéder aux tourments des enfants, et de les aider à en sortir.

Si aujourd'hui beaucoup de mamans connaissent Dolto par ses oeuvres, il n'en va pas autrement pour celle qui l'incarne à l'écran, Josiane Balasko. Entre le tournage de deux scènes, elle s'explique : «J'ai tout de suite été très emballée lorsque Serge m'a proposé le rôle. J'avais eu l'occasion de tourner J'ai vu tuer Ben Barka avec lui et je savais donc que la qualité serait au rendez-vous. Avec le recul je dois dire que je suis très fière d'incarner cette femme formidable.»

Afin de mieux rentrer dans le rôle, en professionnelle qu'elle est, Josie avait «entendu mais surtout beaucoup lu Dolto auparavant ». Pour ce qui est de l'attribution du rôle, il faut dire qu'entre les deux femmes, les similitudes sont flagrantes : «Il y a d'abord la corpulence, bien sûr. Comme moi, elle était ronde. C'était une grande fumeuse, moi aussi, précise-t-elle en écrasant sa troisième cigarette. Mais surtout, nous avons en commun l'attrait pour la psychologie et le goût du travail. Et puis Dolto souriait tout le temps. C'était, comme moi, une femme optimiste. »

Finalement, après une carrière parsemée de beaucoup de comédies (Les Bronzés, Gazon maudit, Le Père Noël est une ordure, Papy fait de la résistance...), l'idée d'incarner un personnage marquant dans un drame n'avait-elle pas de quoi lui faire peur? «Ce n'est pas un drame, corrige-t-elle très vite. Ni une comédie. Il s'agit du récit d'une femme, simplement. Ce qui m'a marquée dans le personnage, c'est sa capacité, malgré une enfance difficile et pas mal de coups durs, de ne jamais éprouver ni rancoeur ni agressivité. Elle n'était pas du tout aigrie. En fait, un peu comme ces enfants qui la passionnaient tant, elle détestait le conflit.»

Certains se demanderont sans doute si après une filmographie comme la sienne, les acteurs ont encore peur lors du début d'un tournage : «Peur, non. Je n'en suis plus au stade où je flippe pour une interview ou un film. Par contre, le trac, les doutes, sont encore là. Est-ce qu'on sera la bonne personne pour le rôle? Cette question-là, je me la pose toujours.»

Pour ce qui est de la «peopolisation», on repassera. La notion ne colle pas vraiment avec le personnage : «Moi, je prends le métro deux fois par semaine. On ne m'y reconnaît quasi jamais. Ma notoriété, j'essaie juste de l'utiliser pour faire passer des nobles causes.» Comme les Restos du coeur, par exemple, même si aujourd'hui, elle n'a plus trop le temps. En parlant de temps, il est vite l'heure de reprendre le tournage. Un café serré et de nombreuses cigarettes plus tard, en décontraction et en gentillesse, Josiane se lève, il est temps «d'aller voir Françoise...»

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