cyclisme Milan - San Remo, samedi

Boonen laisse planer un doute... profitable

Le Campinois affirme que la Primavera constitue son premier grand objectif mais demeure discret. À tort ou à raison?

1.Préparation. Le leader de l'équipe Quick Step sort d'un hiver exempt de tout pépin. Sa mise en action au Qatar n'a souffert aucune discussion - trois étapes et le classement final - avant la découverte du Tour de Californie, un succès à la clé, au prix d'un sprint époustouflant. Invisible au Volk, devant à Kuurne (4e), il a enchaîné avec Tirreno-Adriatico.

2.Tirreno. Une première dans son chef puisqu'il avait toujours préféré Paris-Nice jusqu'à alors. Un parcours français jugé trop corsé, n'offrant guère de chances aux sprinters, et des statistiques révélant que le lauréat à Sanremo sort de la Course des Deux Mers depuis huit ans a fait pencher la balance. «Je ne regrette pas d'être venu, j'ai travaillé comme espéré», a-t-il confié en dépit de résultats en demi-teinte : gêné dans le sprint inaugural, il s'est abstenu. Idéalement placé pour aborder le 2e, il a tardé a démarré et perdu. Retardé par une cassure le dernier jour, il n'a pas participé.

3.Physique. Difficile dans ce contexte de juger de la condition de «Tornado Tom». Perfectible sans doute à l'approche des épreuves flandriennes mais néanmoins affûté : s'il n'a pas démontré sa pointe de vitesse en Italie, il a étonné en se hissant au sommet d'une bosse abrupte aux côtés des spécialistes du genre, les autres sprinters ayant disparu, ce coup-là.

4.Confiance. L'homme se connaît et appréhende parfaitement l'épreuve : «facile à courir, difficile à gagner». S'il se cache intentionnellement ou s'il est effectivement un peu moins saignant qu'espéré, lui seul le sait mais il ne trahit pas de signe de nervosité. Dans le doute, tous les autres candidats déclarés doivent le tenir à l'oeil. Un adjuvant moral.

5.Adversaires. On prend les mêmes et on recommence : la caste des sprinters avec Petacchi (un bouquet à Tirreno), Oscar Freire (deux bouquets acquis au terme d'un sprint massif et d'un final en côté), Thor Hushovd, victorieux du prologue à Paris-Nice, Robbie McEwen, qui revient dans le parcours au bon moment. Moins rapides mais en forme étincelante, Pozzato, Gilbert ou Cancellara devront forcer la décision pour éviter un emballage massif.

6.Equipe. Quick Step empile les victoires et déplace une superbe sélection au départ de Milan. Un luxe pour un chef de file comme Boonen même s'il doit partager les commandes avec Paolo Bettini, ancien vainqueur, et... Italien de surcroît. Ses équipiers peuvent se mettre à plat ventre mais le scénario peut leur profiter, à l'image de Pozzato voici deux ans. Un Steegmans ou un Barredo, selon les circonstances, peuvent décrocher la timbale.

7.Pronostics. Devancé par Freire et Petacchi chez les bookmakers, Boonen n'incarne pas, plus, le favori qui ne peut que perdre.

8.Conclusion. Ses détracteurs estiment qu'il a travaillé moins sérieusement et arrive en retard sur le calendrier établi; ses fans répondent qu'il sait où il se trouve et surgira au moment voulu; les plus réalistes jugent que Milan - Sanremo se joue sur un coup de dés et que d'autres vérités se dévoileront d'ici deux semaines, au Tour des Flandres.

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