anderlecht

Un premier bilan qui ravit Jacobs

Ariël Jacobs a réussi ses quatre premiers mois comme T1 du Sporting. Depuis janvier, il présente un bilan de 81 % en championnat.

On n'oubliera pas de sitôt la conférence de presse surréaliste du 13 novembre 2007, au stade Constant Vanden Stock, au lendemain du limogeage de Frankie Vercauteren. Propulsé entraîneur principal d'Anderlecht, Ariël Jacobs supportait visiblement très mal d'être bombardé de questions par la meute des journalistes présente pour l'occasion. Très mal à l'aise, Jacobs se laissait aller à quelques confidences et avouait ainsi que, dans un premier temps, il a refusé sa promotion.

Bref, c'est contraint et forcé par son président Roger Vanden Stock qu'Ariël Jacobs avait ôté son habit de T2 et succédé à Frankie Vercauteren. « Je ne danse pas de joie », concluait alors Jacobs.

Quatre mois après son intronisation, beaucoup de résultats - 24 au total - ont coulé sous les ponts mauves. Pour son premier mois de T1, Jacobs allait connaître des débuts catastrophiques avec trois défaites, deux nuls et seulement deux petites victoires (contre Hamme et Mons) toutes compétitions confondues.

Les joueurs se disaient libérés mais, sur le terrain, rien ne changeait. Ni la tactique, ni la qualité du football proposé, ni l'état d'esprit. À Saint-Trond, à Bruges et à Getafe, les Mauves concédaient trois revers d'affilée. La défaite subie précisément à Getafe le 19 décembre 2007 restera longtemps encore comme l'une des plus médiocres soirées anderlechtoises de ces dix dernières années.

Tous ceux qui avaient fustigé d'emblée le manque de charisme d'Ariël Jacobs avaient beau jeu de dire que le Diegemois n'était pas l'homme de la situation. Avec un premier bilan en championnat de 33 %, on se demandait à quoi avait bien pu servir le licenciement de Vercauteren.

Mais l'an neuf a rendu des couleurs et du crédit à Ariël Jacobs. Les renforts du mercato mais surtout sa gestion du groupe tout en nuances l'ont beaucoup aidé. Après leur victoire chanceuse de mercredi soir contre le Germinal, les Anderlechtois ont désormais un pied en finale de la coupe de Belgique tandis que leur parcours européen a joliment pris fin avec une victoire de prestige au Bayern Munich après la gifle historique du match aller. Éliminer Bordeaux, même sciemment déforcé par Laurent Blanc, ce n'est pas donné à tout le monde.

Depuis janvier, si l'on excepte le partage à Lokeren et la défaite à Zulte-Waregem, Anderlecht a tout gagné en championnat. Avec un bilan de 81 % pour les neuf dernières journées de championnat, Jacobs fait très fort. Mieux : en treize journées, il vient de dépasser son prédécesseur avec 26 points sur 39. Avant d'être remercié à la suite de la défaite au G Beerschot lors de la treizième journée, le compteur de Frankie Vercauteren n'affichait que 23 unités.

Après un début de règne pour le moins chaotique, Jacobs a joliment redressé la barre. La logique voudrait qu'il reste le T1 des Mauves la saison prochaine. Mais, assez paradoxalement, rien n'est clair dans ce dossier. Ni pour la direction anderlechtoise, qui voudrait être certaine que le Sporting va décrocher un ticket européen avant de s'engager. Ni pour Ariël Jacobs, qui aime le terrain mais qui aspire aussi à une certaine stabilité... incompatible avec le statut de T1. Il sait par exemple qu'un couac dimanche à Gand ferait déjà voler en éclats une partie de son beau bilan provisoire.

Une seule certitude : Jacobs sera toujours à Anderlecht la saison prochaine. Mais dans quelle fonction ? Le suspense pourrait se prolonger jusqu'en mai.

Nos dernières videos