Un caïd payé pour menacer un échevin : ça s'est passé juste après les dernières élections communales, à Villers-le-Bouillet.

Eugène ne veut pas balancer. C'est l'«omerta» totale. Il ne dira pas qui a lancé un contrat sur Léon Lemestrez, ancien échevin de Villers-le-Bouillet. Donc, il ne dira pas qui lui a versé deux fois 1 500 € pour faire sérieusement pression sur le septuagénaire.

Le caïd (Eugène) est détenu à Lantin. Il passait hier devant le tribunal correctionnel. Interpellé à la suite d'un hold-up raté à Embourg, il s'est dénoncé lui-même. Oui, c'est bien lui qui était payé pour faire très peur à Eugène Lemestrez. Un contrat comme un autre, au fond. Le caïd l'affirme : lui, il ne fait pas de politique. Il avait juste besoin de pognon.

Mais le message à faire passer auprès de l'élu était clair : le socialiste Léon Lemestrez avait intérêt à signer avec Ensemble (groupe cdH et MR). Sinon...

C'est donc le 16 novembre 2006, soit un peu plus d'un mois après les élections communales, qu'Eugène va «livrer» son message à Vaux-Borset, au domicile de l'ancien échevin socialiste, redevenu alors simple conseiller communal.

Mais le mandataire n'est pas chez lui au moment où le caïd débarque. C'est donc la femme de Lemestrez qui devra affronter Eugène, ses menaces et son couteau à cran d'arrêt. Les voisins, alertés par les cris de Mme Lemestrez, interviennent. Le gaillard les menace aussi et fiche le camp. Eugène remettra la pression quelques jours plus tard, cette fois par téléphone.

Un an et demi après les faits, Léon Lemestrez ne comprend toujours pas. Il ne se connaît aucun ennemi. Et le commanditaire reste inconnu.

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