Demotte Premier francophone

(photo Belga)

Rudy Demotte cumulera la présidence de la Région et de la Communauté. Il devient le premier «Premier ministre» de Wallonie-Bruxelles.

Ecoutez:

Rudy Demotte, Marie Arena partie au fédéral, vous voilà avec une double casquette présidentielle régionale et communautaire. C'est la fin d'une ère?

Non, c'est le début. Et ce n'est pas une double casquette. C'est une casquette unique. Cela signifie que le double fait régional wallon et bruxellois est reconnu. Ça donne un sens à la cohérence. Et pour la première fois, mon homologue flamand aura en face de lui une seule personne qui parlera d'une même voix pour tous les francophones.

Concrètement, ça fonctionnera comment?

Je serai le chef d'orchestre. J'aurai des réunions régulières non seulement avec les ministres de la Communauté française, mais également avec les ministres francophones bruxellois.

On n'est plus loin de la fusion entre Région et Communauté...

Pour moi, la fusion entre Région et Communauté n'a pas de sens. Tout le monde aujourd'hui est d'accord pour le dire. Ici, on s'inscrit dans une logique de dialogue avec tous les francophones dans le cadre du trait d'union que constitue la Communauté française.

Mais qu'est-ce que ça va apporter aux différentes entités?

Nous allons d'abord pouvoir ajuster l'enseignement aux bassins économiques. On va également pouvoir analyser comment mobiliser des fonds de la Communauté française pour le Plan Marshall. Idem pour Bruxelles. Ce que nous voulons, c'est éviter de disperser les moyens d'action pour donner plus de sens et plus de poids aux francophones. La question qui guide notre action, c'est comment articuler les deux pouvoirs régionaux dans le respect de la Région wallonne et de la Région bruxelloise.

Vous avez l'impression que ce pas franchi est une révolution, qu'on ne reviendra plus en arrière?

Je ne me prononce pas sur le fait que nous devions aller plus loin à l'avenir. Ce qui est sûr, c'est que je pense que la présidence unique doit être pérennisée. Je crois que ce serait bien que le principe soit fondu dans un texte légal. Ça donne une valeur ajoutée incroyable pour les francophones. Il fallait à un moment donné qu'un parti ait l'audace politique de proposer cette solution. Nous l'avons fait. En proposant cela, Elio Di Rupo a montré qu'il était un grand stratège francophone.

Justement Elio Di Rupo dit être sur la même longueur d'onde que Joëlle Milquet sur la question de la présidence unique. Mais c'est un problème qui concerne tous les francophones. Vous en avez discuté avec le MR?

Non, mais j'ai constaté à plusieurs reprises que Didier Reynders évoquait la piste d'une présidence unique. Ça montre que cela a un sens. Nous avons donc devancé un soutien pour une idée que personne n'a jamais vraiment osé concrétisé.

Mais vous n'avez pas l'impression d'avoir un peu doublé le groupe Wallonie-Bruxelles?

Nous ne préjugeons pas de ses résultats. Mais fallait-il attendre ses conclusions et ainsi perdre du temps? Nous, on préférait y aller directement.

Parce qu'il ne vous reste qu'un an avant la fin de la législature? 12 mois ce n'est pas trop court pour concrétiser de telles ambitions?

Vous savez, le temps politique et le temps réel ne correspondent pas. Parfois, une nuit peut correspondre à une éternité. Regardez ce que nous avons réalisé en quelques mois à la Région wallonne. On peut faire énormément de choses en un an.

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