Accueil contrasté pour Rudy Demotte

(photo Belga)

La désignation de Rudy Demotte à la présidence des exécutifs de la Communauté française et de la Région wallonne a suscité des réactions contrastées dans le monde politique. Comment organiser un paysage francophone divisé entre la Wallonie et Bruxelles?


+ Rudy Demotte et sa double casquette:

La décision, même si elle a été prise par le président du PS, Elio Di Rupo, ne fait pas que des heureux chez les socialistes, en particulier chez les hériters du courant régionaliste, défenseurs d'une entité wallonne. "Je reconnais beaucoup de qualités à Rudy Demotte mais je me pose des questions sur l'articulation de ses compétences. Je pensais qu'être ministre-président du gouvernement wallon impliquait un temps plein", a souligné le député wallon Christophe Collignon. Pour ces régionalistes, cette double casquette ne peut constituer les prémisses d'une fusion de la Communauté et de la Région. "Si le signal devait être celui-là, on se comptera", a averti M. Collignon.

La double casquette présidentielle de Rudy Demotte à la Région wallonne et à la Communauté française "va dans le sens de ce que les libéraux prônent depuis longtemps", a indiqué en revanche jeudi le sénateur Philippe Monfils (MR) qui espère que ce "début de rapprochement" institutionnel n'est pas un "simple effet d'annonce". Membre du groupe Wallonie-Bruxelles, Philippe Monfils a rappelé que le MR est partisan "d'un rapprochement des institutions francophones en vue d'une plus grande cohérence, d'une meilleure gestion et d'un rapprochement des politiques". Il faut "une véritable cogestion à la Communauté avec des ministres wallons et des ministres francophones de Bruxelles". M. Monfils entend prendre le PS au mot et vérifier s'il s'agit d'un effet d'annonce ou de "réelles synergies dans des domaines comme l'emploi et l'éducation".

Le sénateur de Communauté Marcel Cheron (Ecolo) voit également l'annonce du PS de placer Rudy Demotte à la tête des exécutifs communautaire et wallon comme un signal positif. "Il s'agit toutefois d'une demi-cohérence en ce sens qu'il n'y a toujours pas de ministre bruxellois dans l'exécutif de la Communauté française". Marcel Cheron regrette par ailleurs, par rapport au remaniement de jeudi, "qu'une fois de plus les entités fédérées constituent l'équipe réserve du fédéral, en vertu du calendrier du PS".

Au cdH, on indiquait jeudi que la décision prise par le PS de mettre Rudy Demotte à la tête des deux exécutifs "allait dans le sens de la simplification des institutions" défendue par les démocrates-humanistes. D'ailleurs tant la présidente Joëlle Milquet que le vice-président André Antoine ont régulièrement défendu l'idée d'un ministre-président commun aux deux entités.(Belga)