Chantal Sébire retrouvée morte

Chantal Sébire tenait à médiatiser son histoire pour obtenir le droit à l'euthanasie. (photo Belga)

Chantal Sébire, cette française défigurée par une tumeur incurable des sinus, a été retrouvée morte à son domicile. Elle avait sollicité, en vain, l'euthanasie auprès de la Justice française.

Chantal Sébire, cette femme de 52 ans qui souffrait d'une tumeur incurable et avait sollicité en vain auprès de la justice française le droit de recourir à l'euthanasie, a été retrouvée morte chez elle mercredi, a expliqué le ministère français de l'Intérieur. Son corps sans vie a été trouvé en fin d'après-midi à son domicile de Plombières-les-Dijon (est). Les causes de la mort sont "pour l'instant indéterminées", a indiqué une source au ministère de l'Intérieur. 

La justice avait rejeté lundi la demande de Chantal Sébire qui, défigurée par une tumeur incurable la faisant souffrir "atrocement", selon ses propres déclarations, avait demandé le droit d'être euthanasiée par un de ses médecins. Cette ancienne institutrice, mère de trois enfants, souffrait d'une "esthesioneuroblastome", une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale. Cette maladie très rare - 200 cas recensés dans le monde en 20 ans - est incurable et provoque une déformation irréversible du visage et des souffrances décrites comme "atroces" par Mme Sébire.

Le même jour que Hugo Claus 

Dans sa demande, Chantal Sébire faisait état de ses "souffrances intenses et permanentes", du "caractère incurable des maux dont elle est atteinte" et de son "refus de devoir supporter l'irréversible dégradation de son état". Elle demandait à la justice d'"autoriser l'un de ses médecins à lui prescrire le traitement nécessaire pour lui permettre de terminer sa vie dans le respect de sa dignité". 

Cette affaire a soulevé ces derniers jours un nouveau débat en France, où une loi de 2005 instaure, dans certains cas, une sorte de droit au "laisser mourir" par l'arrêt de tout traitement, mais ne permet pas aux médecins de pratiquer une euthanasie active. 

La mort de Mme Sébire intervient le même jour que celle de l'écrivain belge Hugo Claus qui, atteint de la maladie d'Alzheimer, a choisi de mourir en Belgique par euthanasie mercredi à l'âge de 78 ans. La Belgique fait partie depuis 2002 des rares pays au monde à avoir légalisé l'euthanasie sous certaines conditions.

Belga

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