France: Chantal Sébire ne peut pas être euthanasiée

Défigurée par un mal incurable, Chantal Sébire souhaite mourir dignement. Elle pourrait se tourner vers l'étranger. (photo Belga)

La justice française a rejeté ce lundi la demande d'euthanasie active formulée par Chantal Sébire, cette femme de 52 ans défigurée par une tumeur incurable au visage.

Lors de l'audience du 12 mars, le procureur de la République avait requis "l'irrecevabilité en l'état actuel de la loi" de cette requête 'exceptionnelle', en faisant notamment valoir que le droit français assimilait l'aide au suicide au délit de non-assistance à personne en danger.

Chantal Sébire, 52 ans, a demandé mercredi dernier au tribunal de grande instance de Dijon le droit d'être euthanasiée par un de ses médecins. Cette ancienne institutrice, mère de trois enfants, souffre d'une "esthesioneuroblastome", une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale. Cette maladie très rare - 200 cas recensés dans le monde en 20 ans - est incurable et provoque une déformation irréversible du visage et des souffrances décrites comme "atroces" par Mme Sébire.

Dans sa demande, Mme Sébire faisait état de ses "souffrances intenses et permanentes", du "caractère incurable des maux dont elle est atteinte" et de son "refus de devoir supporter l'irréversible dégradation de son état". Elle demandait à la justice d'"autoriser l'un de ses médecins à lui prescrire le traitement nécessaire pour lui permettre de terminer sa vie dans le respect de sa dignité".

La loi de 2005 en vigueur en France instaure, dans certains cas, une sorte de droit au "laisser mourir" par l'arrêt de tout traitement, mais sans permettre aux médecins de pratiquer une euthanasie active. Chantal Sébire, ex-professeur des écoles et mère de trois enfants, a indiqué "ne pas faire appel" de la décision de justice. Elle avait laissé entendre la semaine dernière qu'en cas de refus, elle pourrait faire sa demande dans un autre pays.

Avec Belga

Nos dernières videos