De la jeune écervelée à l'héroïne tragique montant sur l'échafaud, Marie-Antoinette se raconte dans une grande exposition à Paris.

Cette grande exposition historique et artistique intitulée Marie-Antoinette rassemble quelque 300 oeuvres, des plus somptueuses comme les objets d'art et les meubles dont elle agrémentait son quotidien aux plus émouvantes, comme sa dernière lettre, le dernier portrait que David fit d'elle en route pour l'échafaud ou les exercices d'écriture du Dauphin dans sa prison. L'exposition entend, «sans prendre parti, raconter l'histoire d'une vie», indique Xavier Salmon, l'un de ses commissaires, celle d'un «petit produit de cour qui va aspirer à plus de liberté, avant d'être brisé par le destin». C'est surtout une exposition artistiquesur le goût d'une reine qui vit à un moment où l'art français est à son sommet. La visite démarre à Schönbrunn à Vienne où Marie-Antoinette est née le 2 novembre 1755 pour se terminer à la Conciergerie où elle est emprisonnée avant son exécution le 16 octobre 1793. Dans une scénographie du metteur en scène d'opéra canadien Robert Carsen, le parcours se décline par thèmes : la famille impériale, le mariage, l'image de la reine, Trianon,... L'exposition présente les objets, meubles et autres porcelaines qui évoquent le goût raffiné, et dispendieux, de la reine : un magnifique secrétaire plaqué de nacre, une jamais vue «pendule à la Négresse» en bronze doré, etc. Les heures sombres sont évoquées par les gravures des pamphlets, un dernier portrait peint «percé de piques», de modestes chaises de paille ou une chemise. L'ultime image montre la reine, de profil, partant pour l'échafaud, les mains liées derrière le dos, la tête haute.

Au Grand Palais, du 15 mars au 30 juin, entrée : 10 €

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