Le «vieux» Rebellin, enfin

(photo Belga)

Davide Rebellin a remporté Paris-Nice pour la première fois de sa carrière. À 36 ans, le Véronais n'est pas encore fini.

Ha bitué des podiums sur Paris-Nice (3e en 2003, 2e en 2004 et en 2007), Davide Rebellin est enfin monté sur la plus haute marche du podium. Son expérience a évidemment parlé. Rebellin, 36 ans, n'avait pourtant qu'un viatique de trois secondes sur Nocentini au moment de s'élancer sur cette ultime étape niçoise. Il n'a jamais paniqué, et il a aussi et surtout construit sa victoire samedi entre Sisteron et Cannes, dans la descente de l'ultime difficulté de la journée, le Tanneron.

«On savait que Gesink (alors leader) n'était pas un grand descendeur, racontait l'Italien. On en avait parlé avec Popovych et Nocentini. J'ai vu dans la montée du Tanneron qu'il n'était pas trop bien. On a donc fait la descente à bloc et on a roulé.» Et au bout du compte, on a assisté à la victoire d'étape pour Sylvain Chavanel, mais surtout à une passation de pouvoir en faveur de Rebellin, pour trois secondes sur Nocentini.

Ce Rebellin, cela reste un phénomène. L'un des plus âgés du peloton avoue tout simplement qu'il a encore envie de vélo : «J'ai encore la force, la capacité et la volonté de continuer. Ce n'est pas dur pour moi de mener une vie de cycliste toute l'année. J'espère encore faire une saison, peut-être deux. Il y a encore des courses qui me manquent, je me concentre sur elles. Coureur de classiques, je songe à Milan-San Remo, au Tour de Lombardie et aux championnats du monde.»

Avec Poulidor, qui s'était imposé en 1973 à l'âge de 37 ans, Rebellin, qui n'est que le troisième Italien à gagner Paris-Nice, après Fermo Camellini en 1946 et Dario Frigo en 2001, est à l'origine d'un paradoxe. Un vétéran a gagné sur la Promenade des Anglais, mais l'épreuve a mis en lumière de nombreux jeunes coureurs, Gesing, Rolland, Lowe, Lhotellerie, durant une semaine passionnante. Sans doute a-t-on vécu un Paris-Nice des plus excitants, dans un contexte qui était pourtant délétère au départ du prologue. «C'est vrai, soulignait Rebellin, qu'il y a eu du spectacle et beaucoup de bagarres. Peut-être que le cyclisme a maintenant un peu plus de crédibilité.»

Au niveau belge, c'est tout aussi intéressant. On rappellera que Steegmans, qui a abandonné hier, a remporté deux étapes et qu'il a fait oublier l'absence de Boonen. Chez Quick Step, on a aussi engrangé un troisième succès, avec Barredo.

Philippe Gilbert, lui, a fait preuve d'une grande sagesse. On l'a vu souvent aux avant-postes, dans des étapes qui lui convenaient. Mais il n'a jamais puisé dans ses réserves. Il était sur Paris-Nice pour préparer Milan- San Remo. Il l'a fait de la meilleure manière qui soit. Pas de chute, pas de pépin physique. Gilbert restera ainsi cette semaine sur la Côte d'Azur, à une portée de fusil de San Remo, manière de préparer la classicissima dans la quiétude.

Quant aux Silence-Lotto, la victoire de Cadel Evans dans l'étape du Ventoux suffit à leur bonheur, cependant que Yaroslav Popovych, troisième au classement final, a montré que Sergeant n'a pas acheté un chat dans un sac.

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