Haro sur la répression chinoise

(photo Reuters)

Le sang a coulé tout au long du week-end au Tibet. La répression chinoise a suscité la réprobation à Bruxelles et dans toute l'Europe.

Apôtre de la non-violence, le dalaï-lama a condamné hier le «régime de la terreur» chinois après les manifestations les plus sanglantes depuis celles de 1989 qui ont secoué le Tibet tout au long du week-end. Les émeutes vendredi dans la capitale Lhassa ont fait 10 morts selon les autorités chinoises, mais au moins 80 tués selon le gouvernement tibétain en exil, parmi lesquelles «une majorité de Tibétains».

«Qu'un organisme international tente d'enquêter sur la situation au Tibet», a plaidé le lauréat 1989 du prix Nobel de la paix. Car, «que ce soit de façon intentionnelle ou non, un génocide culturel est en train de se dérouler», a répété le dignitaire de 72 ans.

C'était la deuxième fois en une semaine que le dalaï-lama se montrait virulent à l'égard de Pékin. Le 10 mars, pour le quarante-neuvième anniversaire de sa fuite de Lhassa, il s'était insurgé contre des «violations inimaginables» commises par la Chine dans son pays natal.

Toute la journée d'hier, au temple du dalaï-lama et dans les ruelles de Dharamsala, où il réside, de jeunes Tibétains beaucoup plus radicaux manifestaient et dénonçaient pendant ce temps «la répression brutale et le génocide» perpétrés selon eux par la Chine au Tibet. Face à ces manifestations violentes des Tibétains, le dalaï-lama a reconnu qu'il n'avait «pas le pouvoir» d'y mettre un terme.

Par solidarité à Bruxelles

Les violences avaient touché vendredi la vieille ville de Lhassa, en particulier autour du célèbre monastère du Jokhang, un haut lieu touristique, avec de nombreuses échoppes, après plusieurs jours de manifestations de moines bouddhistes.

De nouvelles manifestations emmenées par des moines bouddhistes ont ensuite éclaté samedi dans la province chinoise du Gansu, selon des groupes de défense des Tibétains. Et hier, au moins sept manifestants supplémentaires ont été tués par balles lors d'une manifestation réprimée par la police dans un district tibétain de la province du Sichuan, selon deux groupes pro-tibétains. Le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie parlait, lui, de «treize morts confirmés», dont des moines. Selon le récit des événements que l'organisation livre sur son site Internet, la manifestation avait commencé quand «des milliers de moines se sont réunis pour la prière». «Peu après, ils ont spontanément scandé des slogans pour la libération du Tibet et le retour du dalaï-lama et ont été rejoints par des milliers de citoyens ordinaires».

Cette agitation et cette violence ont suscité, à leur tour, des manifestations de solidarité dans toute l'Europe. Hier matin, près de 400 personnes, selon la police, se sont ainsi rassemblées à proximité du Palais de justice à Bruxelles, pour demander aux responsables politiques belges d'avoir le courage de reconnaître que les intérêts économiques avec la Chine ont toujours primé sur les autres intérêts.

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