Négociations

L'heure est aux arbitrages

L'heure est aux arbitrages

(photo Belga)

Ils négocient toutes braguettes ouvertes. C'est la phase cruciale. Ils doivent trancher tous les sujets explosifs qu'ils ont mis entre crochets.

Un accord de 42 pages avec 30 «braguettes» ouvertes. Et ce n'est pas une pantalonnade. C'est le bazar qui reste sur la table du club des cinq . Avec un chrono qui affiche 48 heures, délais ultimes, pour fermer ces 30 mises entre parenthèses. L'heure est grave. L'heure est aux arbitrages.

Hier soir, les négociateurs sont entrés dans le coeur des négociations. C'est maintenant qu'ils vont devoir échanger un acquis contre un autre, trancher les sujets qui fâchent, équilibrer l'ensemble. Signe qu'on est passé aux choses très sérieuses : les porte-parole s'étaient plongés dans le plus grand silence, hier soir. Chaque parti a ramené trois négociateurs à la rue Royale. Les discussions ne devaient pas se poursuivre au-delà de minuit.

Ces braguettes ouvertes, quelles sont-elles? La réforme fiscale est en tête. Les petits et moyens revenus doivent en bénéficier afin de redonner un peu d'oxygène à leur pouvoir d'achat. Question : qu'est-ce qu'un moyen revenu? 1 200 € nets par mois? 1 800 € nets, voire plus? cdH-PS et MR sont à couteaux tirés sur cette question. À partir de quelle hauteur de revenu mène-t-on une politique de droite ou de gauche? Suspense.

Le chapitre immigration, avec l'idée de l'immigration économique, est un autre sujet douloureux. La régularisation des sans-papiers aussi. Lors des négociations de l'orange bleue, ces sujets avaient trouvé réponse. L'arrivée du PS remet cela en question.

Et puis, autre question délicate : la réforme de l'État doit-elle être l'affirme du gouvernement ou d'une instance extérieure, solution préconisée par les libéraux flamands. «Les discussions sur la réforme de l'État commenceront et se termineront au sein du gouvernement», a fait savoir hier le CD & V. La procédure pour la discussion du deuxième paquet n'est pas encore fixée.

Des camouflages et doubles sens pour en sortir

Mais soyons honnêtes. Si trente dossiers étaient encore ouverts dimanche, il sera impossible de répondre à tous. Pour refermer la braguette, la solution idéale consiste à lui enfiler un déguisement. Ainsi, on ne tranchera pas la question de la sortie du nucléaire. On commandera des études et des évaluations pour camoufler l'embarras. Pareil concernant le renforcement du droit sanctionnel des jeunes. Et on prendra soin dans cet accord, qui ne sera donc pas détaillé, de laisser quelques doubles sens bien arrangeants.

Nos dernières videos