Ne plus trouer les rues n'importe quand!

(photo EdA - Philippe Berger)

À l'avenir, les impétrants (le gaz, l'eau et le téléphone) ne pourront plus ouvrir la voirie quand ils veulent. Sauf urgence, il sera interdit de rouvrir une rue dans les 2 ans qui suivent un chantier. Un décret wallon les obligera à se concerter.

La plaie des communes wallonnes... Quand ce n'est pas le gaz qui ouvre une route, c'est l'eau ou l'électricité. Parfois même, les trois se suivent. Et que je saigne le tarmac, et que je bouche et que je resaigne et que je rebouche. Souvent sur quelques mois. Marre. La Région wallonne est en consciente et prépare d'ailleurs un décret sur les impétrants qui devrait passer bientôt devant le parlement. Il concerne essentiellement l'information, la coordination et l'organisation des chantiers en voiries et sous les cours d'eau. La Région vient par ailleurs d'accorder une subvention de 200000 euros à 12 communes pour «tester» les nouvelles règles qui leur permettront de refaire certaines voiries après travaux d'impétrants.

Après consultation avec les divers intervenants, ces nouvelles règles (qui ne font pas plaisir à tout le monde, lire par ailleurs) poursuivront 3 objectifs.

1.Une banque de données. Pour Philippe Courard, ministre wallon des Affaires intérieures, à l'initiative du décret, c'est le point de départ essentiel pour garantir la sécurité de l'ensemble des acteurs concernés par un chantier. En clair, il s'agira de dresser une véritable cartographie des câbles ou conduites enfouies dans le sous-sol wallon. Histoire d'éviter que par une méconnaissance de ce qui se trouve en sous-sol, des catastrophes du genre Ghislenghien ne se reproduisent à l'avenir.

La banque de données sera gérée par un comité technique qui sera composé de fonctionnaires. Les impétrants auront désormais l'obligation de se faire connaître dans les 120 jours qui suivront l'entrée en vigueur du décret. En cas de non déclaration ou de retard, les occupants du sous-sol ne pourront plus exécuter aucun travail dans les trois ans qui suivent.

2.Réduire les nuisances. Fini d'ouvrir le sol n'importe quand et aussi souvent qu'actuellement. Dans les deux ans qui suivent la fin d'un chantier, il sera interdit de rouvrir la voirie au même endroit sauf en cas d'urgence. Les impétrants seront donc obligés de s'entendre, de travailler de concert et de participer aux réunions de coordination.

3. Mieux gérer les chantiers. Les obligations des acteurs concernés par un chantier seront beaucoup plus importantes qu'aujourd'hui avant, pendant et après l'exécution des travaux. Au-delà de l'obligation d'être présents lors des diverses réunions de concertation, ils devront également informer mieux et systématiquement les riverains concernés.

Alors, réellement terminé les routes éventrées en permanence?

Prolongez l'info dans L'Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce lundi 17 mars.

Nos dernières videos