Enlevée à 13 ans par Fourniret

Reginald de Beco et isabelle Moffarts, avocats de Marie-Ascension et de ses parents (photo Belga)

À l'approche du procès de Michel Fourniret, Marie-Ascension, une des victimes de l'Ogre des Ardennes, veut tourner la page.

Elle n'espère qu'une seule chose : pouvoir tourner la page. Elle, c'est Marie-Ascension, cette jeune fille enlevée par Michel Fourniret le 26 juin 2003 à Ciney, alors qu'elle n'avait que 13 ans. «À deux semaines de l'ouverture du procès de Michel Fourniret, son souhait est de pouvoir connaître la fin de l'histoire, ont commenté Isabelle de Moffarts et Réginald de Béco, respectivement avocats de Marie Ascension et de ses parents. C'est son cri du coeur.Tout comme elle espère que justice soit rendue. »

Des espoirs très légitimes donc pour la jeune fille à l'approche du procès. Et des craintes aussi. «Celle d'être confrontée à Michel Fourniret, poursuit Isabelle de Moffarts. Comment va t-il réagir, d'autant qu'il ne semble pas avoir pris conscience de ses actes.C'est une inconnue, même si Marie Ascension souligne que son avenir ne dépend pas de l'attitude de Fourniret...» Une autre crainte? «La presse... Après avoir été exposées en 2003 et 2004, Marie-Ascension et sa famille sont parvenues à retrouver un certain anonymat, qu'ils entendent bien conserver malgré le procès. Pas de photos donc, ni même d'interview de la jeune fille, histoire de la préserver. Aujourd'hui encore, plusieurs proches ne savent pas que la jeune fille aujourd'hui âgée de 17 ans a été face à Fourniret. Aujourd'hui, elle regarde vers l'avenir, si on veut que Fourniret ne lui fasse plus de mal, il faut que le souvenir ne la pourchasse plus. »

Les faits concernant Marie-Ascension seront examinés les lundi 31 mars et mardi 1er avril par la cour d'assises de Charleville-Mézières, deux journées aux cours desquelles la jeune fille sera entendue à huis clos. «La justice française a décidé d'entamer l'examen des dossiers par celui qui a permis l'arrestation de Michel Fourniret. Celui de Marie Ascencion donc.»

Car de fait, c'est le cran de la jeune (13 ans à l'époque des faits) qui lui a permis de garder la vie sauve, mais aussi l'arrestation de celui qu'on appelle «l'ogre des Ardennes.»

Le 26 juin 2003, Michel Fourniret, feignant demander un renseignement, embarquait la fillette dans sa camionnette. Ligotée à l'arrière du véhicule, la jeune captive est parvenue à se débarrasser de ses liens avant de prendre la fuite en ouvrant une portière, pendant que son ravisseur était arrêté à un carrefour.

Sur la route, elle est prise en charge par une automobiliste qui croise ensuite la camionnette de Fourniret qui avait fait demi-tour. Elle note le numéro de plaque, signant la fin de Michel Fourniret, arrêté le jour même. Et placé sous mandat d'arrêt, inculpé de tentative d'enlèvement et d'attentat à la pudeur sur une mineure d'âge.

Le début d'un dénouement qui conduira Fourniret tout droit devant les assises.