FaceBook "poke" en français

Avec cette traduction, FaceBook espère vraiment démarrer en France.

Le réseau social FaceBook est disponible en français depuis ce 10 mars. La traduction a été facilitée par le concours des utilisateurs. Elle devrait permettre au site de monnayer sa formidable audience auprès des annonceurs francophones.  

«Violette et Vanessa sont désormais amies.» «Bertrand assistera à l’événement Concert des Rhétos». «Stéphane a écrit sur le mur de Oli». Et oui, FaceBook est disponible en français depuis ce lundi 10 mars. Date clef pour les deux millions d’utilisateurs francophone du réseau social. Réseau qui va désormais s’attaquer au marché publicitaire dans la langue de Molière… et de TF1.

Il faudra donc s’habituer à dire «ami» et plus «friend», «mur» et plus «wall», «publier» et plus «post». Enfin, pas nécessairement. La version originale en anglais reste disponible. Pour passer en «french», l’utilisateur doit se rendre dans la configuration de son compte et sélectionner l’onglet «langage». La page d’accueil permet aussi le changement. Basculer au français prend donc 30 secondes.

Un laps de temps presqu’aussi court que celui dont les administrateurs du réseau et ses utilisateurs ont eu besoin pour traduire la majeure partie du site. Soit quelques jours à peine. Pour ce faire, FaceBook a lancé une application appelée «Translations». Toute personne l’installant recevait, une fois sélectionnée par FaceBook, des listes de phrases à traduire. Ensuite, les traductions sujettes à discussions étaient offertes au vote de la collectivité. 4.000 personnes ont «travaillé» à la traduction des 27.000 expressions proposées.

"Coucouter" ses "amis"  

Mais franchement, au vu de la simplicité de l’anglais sur FaceBook, on se demande bien pourquoi on passerait au français. Des traductions littérales sans âme comme «Jonathan a trouvé Grégory en utilisant chercheur d’amis» ou «Situation amoureuse : en couple» ont de quoi rebuter. Et puis, le sel des néologismes de l’informatique est justement qu’ils sont intraduisible.

Comme d’ailleurs la majeure partie des applications. On comprend les petits développeurs: traduire les aquariums animés, les plantes grimpantes en pot ou les concours de bisous de zombies pour la minorité de francophones usant de FaceBook ne vaut pas le coup. D’autant qu’il faudrait aussi les traduire en allemand et espagnol, les deux autres langues offertes aux 100.000 utilisateurs du réseau en plus de l’anglais. On continuera donc à «Poker». «Coucouter», un moment pressenti, aurait vraiment été ridicule.

Julien RENSONNET