Alain Gerlache, le petit Morandini

L'ex-directeur de la Télévision à la RTBF continue de réfléchir sur les médias et leur mutation à travers une nouvelle émission, «InterMédias».

Il y avait ceux qui font les médias. Et ceux qui les regardent. Désormais, il y a ceux qui les expliquent, les décryptent, les décodent tant ils sont nombreux.

En France, Jean-Marc Morandini, ex-animateur télé à l'éthique plus que douteuse, avait rapidement senti le vent tourner pour devenir «le» spécialiste des médias hexagonaux. Celui qu'on appelle pour donner un avis bien senti sur une polémique ou un débat. Avis forcément poujadiste et moralisateur. Morandini, c'est une petite entreprise qui tourne : ce brave Jean-Marc, qui crache plus souvent qu'à son tour dans la soupe qu'il a jadis servie, anime son émission radio, est revenu à la télé sur Paris Première, et coordonne un blog qui fait référence. Avec efficacité, il faut le reconnaître.

Notre paysage audiovisuel a beau être plus étriqué, il n'y avait pas de raison que la Belgique ne possède pas son «petit Morandini». Il s'appelle Alain Gerlache : «On peut me comparer à Morandini, réfléchit-il. Il a, lui aussi, développé un site d'info sur les médias. Par contre, il y a, dans son travail, un côté people dans lequel je ne me retrouve absolument pas.»

Ex-directeur de la télévision à la RTBF, passé secrétaire général de la Communauté des télévisions francophones (CTF), Alain Gerlache anime deux chroniques radio sur La Première, et l'émission Décode en télé. En plus, bien sûr, d'un blog et d'un site internet. InterMédias est une nouvelle corde à son arc : «L'objectif est d'éclairer le spectateur. De lui dire : "Vous êtes perdu à travers cette multitude de médias et de supports? On va essayer de vous éclairer".» En jouant les médiateurs, par exemple : «Il y aura, comme toujours dans les émissions de décryptage proposées par la RTBF, une partie médiation. Mais nous parlerons aussi des programmes de nos concurrents. Des gens de RTL pourront par exemple être invités. Nous sommes très ouverts.»

Par contre, c'est promis, il n'emploiera pas ce ton sermonneur dont il est parfois coutumier en radio : «Je ne suis pas un professeur des médias. J'essaie juste de prendre le recul nécessaire à comprendre et analyser la mutation médiatique qui est en train de s'opérer. Mon travail au sein de la CTF m'aide beaucoup. Mes activités précédentes aussi.»

C'est qu'Alain Gerlache n'a pas été que journaliste : il a fait «de la comm'», comme il le dit lui-même. Entendez qu'il fut porte-parole du cabinet de Guy Verhofstadt : «Ce n'est pas un inconvénient, mais plutôt un avantage. Je connais l'envers du décor, le rapport à la presse qu'on peut avoir de l'autre côté de la barrière. Ça permet, forcément, de mieux décoder le milieu.» Mi.D.

La Une, 22.00