Après un album country inédit chez nous, la Québécoise Isabelle Boulay revient avec un dizième opus, «Nos lendemains». Plus épuré et confidentiel.

C'est une nouvelle Isabelle Boulay qu'on retrouve dans ce dernier album, «Nos lendemains»?

Déjà dans mon album précédent, De retour à la source, c'est comme si j'étais retournée vers mes joies d'enfant et le plaisir simple de chanter. Et c'est quelque chose qui se ressent beaucoup dans cet album-ci. Cela faisait une quinzaine d'années que je rêvais de travailler avec Dominique Blanc-Francard, le réalisateur, car je savais qu'il allait me donner l'espace pour faire vivre mes chansons.

Qu'est-ce que vous lui avez demandé au juste?

Je lui ai dit que j'avais envie de faire un album de variété chic, élégant, mais en même temps de variété contemporaine. Je le voulais aussi plus épuré, plus confidentiel dans le temps.

Un album qui résonne de multiples sonorités, notamment dans «Nos lendemains», avec sa petite touche country.

Dans cet album, il y a tous les folklores musicaux que j'aime, à commencer par le country qui a été pour moi la première musique de mon enfance. Et puis il y a des chansons comme Coucouroucoucou Paloma plus sud-américaine ou L'appuntamento en italien.

Un album plus musical en somme?

Avec plus de musicalité en tout cas. J'ai toujours porté beaucoup d'attention aux textes et maintenant, avec cet album, j'ai eu un rapport beaucoup plus sensuel aux chansons. On a laissé juste ce qu'il fallait musicalement pour que la chanson tienne. Les silences sont aussi importants que la musique.

Et une fois de plus, vous vous êtes entourée de quelques belles personnalités comme Biolay, Murat, Le Forestier, Julien Clerc.

J'ai été très choyée, c'est vrai! Ce sont des gens qui font partie de plusieurs générations de la chanson française. Mais une fois les chansons mises ensemble, grâce au génie de Blanc-Francard, on a une sorte d'alchimie qui s'opère.

Comment se sont passées les rencontres avec ces artistes?

Je connaissais déjà Benjamin Biolay car il a co-réalisé mes deux albums précédents. Il m'a écrit une chanson sans que je lui demande rien. C'est Ne me dis pas qu'il ne faut pas sourire. Julien Clerc, lui, m'a envoyé une cassette où il me disait que Jean-Loup Dabadie et lui m'avaient écrit une chanson, et ça s'appelle Reviens, reviens, reviens.

Ne seriez-vous pas un peu plus mélancolique sur cet album? Notamment avec des chansons qui parlent d'absence ou de rupture.

Je pense qu'il y a plus de langueur que de mélancolie. Il y a énormément de légèreté dans les interprétations. C'est un album assez réaliste et lucide. Mais il y a pas mal d'échappatoires.

Pourquoi avoir choisi «Ton histoire» comme premier single tiré de l'album?

Cette chanson-là, c'était pour faire un trait d'union entre l'univers d'avant et celui d'aujourd'hui. C'était une manière de prendre mon public par la main et de l'amener vers les profondeurs de mon album.

Et on vous voit prochainement en Belgique pour une nouvelle tournée...

En fait, on a déjà fait une trentaine de dates au Québec. Et là on reprend la tournée en France, en Suisse, en Algérie, et bien sûr en Belgique.

Vous n'êtes pas souvent chez vous, à Montréal, alors?

C'est vrai que j'ai souvent des périodes très intenses. Mais en fait, le moment où je me repose le plus, c'est quand je suis en tournée, car je n'ai pas ma vie quotidienne à gérer. Et ça me donne de la perspective et la chance de vivre autre chose. C'est un merveilleux métier!