Cyclisme Paris-Nice

Course partie, esprits apaisés

Après les affrontements entre l'UCI et ASO, une espèce de trêve semble être intervenue depuis que Paris-Nice en a fini avec son prologue.

La course cycliste semble avoir repris ses droits depuis hier. Paris-Nice, organisé sous l'égide de la fédération française et donc en dehors de l'UCI, en a en effet terminé avec son prologue, remporté par Thor Hushovd. Cela faisait au moins deux heureux sur la planète vélo : le vainqueur, bien sûr, mais aussi Christian Prudhomme, le directeur du cyclisme chez ASO.

Le bras de fer semble avoir tourné en faveur d'ASO, d'autant que les coureurs ont décidé, en participant à la course au Soleil, de braver les menaces de sanctions de l'UCI. «Notre priorité, disait Prudhomme, est de rendre la course aux coureurs et de fêter dignement le 75e anniversaire de Paris-Nice.»

Le président de l'UCI Pat McQuaid, lui, tire déjà certaines conclusions : «Le ProTour est complètement disloqué, constatait-il. Nous avons l'intention de repartir avec un nouveau système, auquel adhéreront les équipes, les organisateurs et les coureurs qui auront décidé de respecter les règles de l'UCI.» McQuaid a aussi averti les coureurs du danger auquel ils s'exposent «face à un organisateur qui reste maître des règles pendant la course et qui peut prendre des décisions suivant ses interprétations les plus personnelles.»

Le cas de Hushovd est d'ailleurs un bel exemple d'une autonomie accrue des organisateurs, notamment en matière de sélection sur leurs épreuves. Hushovd, du Crédit Agricole, avait programmé Tirreno-Adriatico (départ mercredi prochain). Mais RCS, l'organisateur italien, n'a pas retenu l'équipe française... «Ce n'était pas juste», estimait le Norvégien. Qui a revu son jugement hier à propos de Paris-Nice : «C'est aussi une belle course...» Logique, quand on s'y impose. «Je suis ici surtout pour préparer les classiques, avec Milan-Sanremo (22 mars) qui est mon premier objectif, poursuivait-il. Mais je savais aussi que je marchais bien, je m'en étais rendu compte au Tour med, avec une victoire d'étape, et au Volk (NDLR : qu'il a terminé 3e). Par rapport à l'an dernier, j'ai fait beaucoup plus d'entraînement en intensité et plus tôt. J'en ai encore fait cette semaine. Dans ce prologue, j'ai eu l'avantage d'avoir les pointages de William Bonnet (5e). J'avais beaucoup de force, je l'ai senti dans les deux derniers kilomètres même si c'était très dur à cause du vent de face. La prochaine étape ? L'arrivée est en bosse mais j'espère pouvoir bien passer. Je m'attends à ce que Philippe Gilbert attaque aux 200 ou 300 mètres.»

Un Philippe Gilbert qui, hier, n'a pas été avantagé par les conditions climatiques, la pluie ayant fait son apparition après que quarante concurrents furent partis. Et, longtemps, c'est un Basque, inconnu au bataillon, un certain Markel Irizar, qui a tenu la dragée haute à tous les spécialistes. Seul Hushovd est parvenu à déposséder le Basque d'un chrono réussi avant la pluie, mais au prix d'un effort total dans la ligne droite finale, sur une route qui commençait enfin à devenir sèche. Evans a lâché 17 secondes, Rebellin 27 et Frank Schleck 34 secondes.