division 1

Sarr : «Pourquoi penser aux Brugeois ?»

Momo Sarr est le véritable patron de la défense liégeoise. Dès le succès de vendredi acquis, il analysait déjà lucidement la situation.

Magnifique week-end pour les Rouches ! Les voilà nantis de quatre points d'avance avant un déplacement périlleux au GBA d'où, quoiqu'il arrive, ils rentreront en leader du championnat. La lutte avec le rival brugeois tourne, pour le moment, à leur avantage. Pourtant, vendredi soir, quelques minutes après le coup de sifflet final de l'arbitre batave dirigeant Standard - Saint-Trond, Momo Sarr n'avait pas l'air préoccupé par le match du Club le lendemain à Mouscron:

« Je me fous de Bruges ! Je vais savourer mon week-end en famille. J'ai autre chose à faire dans la vie qu'à penser aux Brugeois. Si on gagne tout, on n'a pas à regarder ce que fait notre concurrent. Tout dépend désormais de nous. Qu'on fasse le plein et on sera champion. Ma plus grande satisfaction actuelle, c'est que nous tenons notre sort entre nos mains. »

Le raisonnement du Sénégalais est, bien sûr, mathématiquement inattaquable. Néanmoins, il implique un postulat loin d'être acquis, c'est le moins que l'on puisse écrire. On voit effectivement mal les Liégeois faire le plein d'ici la fin de la saison. Du coup, le petit viatique offert par les Hurlus est largement le bienvenu. Même Sarr en conviendra volontiers.

Contre les Trudonnaires, le Standard s'est imposé dans la douleur. On a vu, en fin de match, les Liégeois reculer, subir à l'excès et même s'arc-bouter pour défendre leur mince avantage. C'est dans ces moments-là qu'un Sarr est particulièrement précieux.

« Pour être champion, il faut aussi savoir gagner ce genre de rencontre, relativise le Sénégalais. On n'a quand même pas si mal joué... mais on a été moins bon c'est vrai. Par ailleurs, il faut bien aussi que la chance tourne un peu. Jusqu'ici, elle avait toujours bénéficié aux mêmes, si vous voyez de qui je veux parler. Vous me dites que j'ai livré une belle prestation. C'est gentil mais je ne suis rien sans mes équipiers. Chaque week-end, je donne le meilleur de moi-même mais peut-être que certains commencent à être un peu fatigués. 25 matchs de championnat plus ceux de coupe de Belgique et d'UEFA, ça commence à peser pour un noyau comme le nôtre, sans compter, pour certains, les matches internationaux. Il faut gérer ce paramètre aussi. »

Mais le «patron» de la défense liégeoise tenait aussi à souligner les mérites de l'adversaire d'un soir : « S'ils étaient dix derrière au départ, par la suite ils nous ont posé des problèmes comme chaque fois qu'on les rencontre. N'ayant plus rien à perdre, ils se sont montrés audacieux. Chapeau à eux. Ils ne méritent pas d'être aussi bas au classement. »

Évidemment, on a aussi parlé de l'absence de Defour et de ses conséquences. « D'abord, je voudrais tirer mon chapeau aux jeunes qui ont bien assuré, conclut Sarr. Mais il est évident que se passer de Steven est une grosse perte. On connaît son talent, sa créativité. Il n'est pas notre capitaine et n'a pas reçu le Soulier d'or pour rien. Il revenait vraiment bien après sa blessure à la cuisse, pour nous aider à aller au bout de nos ambitions. On va essayer de bien faire sans lui en attendant son retour pour le sprint final. Si on agit chaque fois comme ce vendredi, il n'y aura pas de problème. »

C'est plus fort que lui, Momo ne pouvait terminer que sur une boutade : « Steven, y en a marre de tes blessures à répétition, serre les dents et joue un peu ! »