municipales en france

La gauche, un avertissement pour Sarko

Le premier tour des municipales a vu une poussée de la gauche. Un vote sanction qui consitute un premier avertissement pour Sarkozy.

La défaite était annoncée. Elle se profilait hier soir à l'issue du premier tour des municipales. La droite essuyait des revers significatifs, tandis que la gauche enregistrait une poussée, notamment à Caen et à Rouen où le PS l'a emporté dès le 1er tour au détriment du maire sortant soutenu par l'UMP. Le PS conserve également Lille où Martine Aubry passe dès le premier tour et Tourcoing.

Au niveau national, les listes de gauche et des écologistes obtiendraient 47,5 % des suffrages et celles de droite 40 %, selon CSA-Dexia.

Les électeurs se sont fortement mobilisés, avec un taux de participation d'environ 70 %, en hausse de trois points sur 2001, ce qui a, semble-t-il, profité à la gauche en quête de revanche. Hier soir, Ségolène Royal a appelé à amplifier le «vote sanction» contre le gouvernement en choisissant la gauche lors du deuxième tour des municipales. «Rien n'est fait, bien sûr. Il faut transformer ce premier tour en victoire définitive dimanche prochain parce qu'il faut que ce soit un vote de sanction sévère pour que la France continue à avancer, refuse le déclin mais aussi un vote d'espérance, un vote d'espoir», a-t-elle ajouté. Le PS espère reconquérir 30 des 40 villes perdues en 2001 et se relancer alors qu'il est en proie à de fortes dissensions internes, notamment pour le futur leadership du parti.

Malgré la percée de la gauche, la droite ne s'est pas effondrée et l'UMP espère limiter les dégâts dimanche prochain. Reconnaissant implicitement le désaveu des déçus du sarkozysme, le Premier ministre, François Fillon, a demandé aux électeurs de ne pas mélanger les enjeux lors du second tour, rappelant que «la politique de la nation a été débattue et tranchée par les Français au printemps 2007».

L'UMP s'est fixé pour objectif de l'emporter dans une quinzaine de villes de plus de 30.000 habitants et espère conserver Toulouse et Marseille où la gauche et l'UMP sont au coude à coude à l'issue du premier tour. Le parti présidentiel enregistrait une première victoire : le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre français Alain Juppé a été réélu dès le premier tour.

Un échec personnel?

Lors d'élections municipales, les enjeux locaux prédominent. Mais celles-ci revêtent une dimension particulière, dix mois après la présidentielle. Elles ont valeur de test national pour la majorité et un président de plus en plus contesté.

Si la poussée de la gauche doit encore être concrétisée dimanche prochain, le vote d'hier constitue d'ores et déjà un sérieux avertissement pour Nicolas Sarkozy et son équipe. Le président affrontait sa première épreuve électorale, alors que sa popularité est en chute libre et les électeur lui envoient un signal négatif. Sarkozy décide de tout, concentre tous les pouvoirs, les ministres ne faisant qu'appliquer la politique qu'il a décidée. De ce fait, il est en première ligne et, si l'ampleur de la défaite se confirme au deuxième tour le 16 mars, il sera tenu pour responsable de la contre-performance de la droite, transformant le scrutin en échec personnel.C.D.