Leterme ne désespère pas de la N-VA

(photo Belga)

Leterme veut quelques jours pour régler le problème avec la N-VA. La campagne a été réalisée ensemble. Alors, responsables ensemble?

L e vice-premier ministre Yves Leterme ne désespère pas d'arriver à résoudre le problème qui se pose avec la N-VA dans les jours qui viennent, a-t-il indiqué dimanche, interrogé sur les chaînes de télévision RTBF, RTL-TVi, VRT et VTM. Le CD & V et la formation nationaliste flamande ont fait campagne ensemble et il serait normal, selon lui, qu'ils «prennent les responsabilités» ensemble (lire aussi ci-dessous).

«Pas des amuse-gueules»

«Donnez-moi encore quelques jours pour clarifier la situation. Dans les semaines qui viennent, il y a des responsabilités à prendre. Nous sommes allés aux élections de 2007 ensemble et je crois qu'à un certain moment, il faut prendre les responsabilités ensemble». Et d'ajouter : «Je ne désespère pas qu'au fil des jours, la N-VA puisse encore évoluer». Selon lui, les nationalistes flamands doivent être disposés à s'inscrire dans la phase actuelle de compromis.

Le vice-premier ministre ne voit d'ailleurs pas pourquoi la N-VA n'approuverait pas le «premier paquet» de réformes institutionnelles auquel a abouti le comité des sages. «Je ne comprendrais pas pourquoi elle ne le ferait pas. Il s'agit de transferts de compétences dont les compensations ne léseraient en rien la Flandre», a-t-il dit.

À ses yeux, ces compétences transférées n'ont rien d'anecdotique : loi sur les baux à loyer, économie sociale, sécurité routière, etc.

«Pour moi, ce ne sont pas des amuse-gueules», a-t-il souligné.

En cas de défection de la N-VA, la majorité ne serait composée à la Chambre que de 42 sièges du côté flamand contre 53 du côté francophone. Au MR, l'on considère qu'une telle répartition peut changer la donne dans l'attribution des postes ministériels.

«Je crois que c'est un élément qui a son importance politique et je suis prêt à en tenir compte», a répondu Yves Leterme.

Néanmoins, à la question de savoir si, conformément à l'accord du mois de décembre, le poste de premier ministre lui revient toujours, Leterme répond : «Normalement, oui».

L'une des tâches qui attend le gouvernement définitif est la négociation du deuxième paquet de réformes institutionnelles, d'une ampleur plus importante que dans le premier paquet. Dans ce deuxième paquet, Leterme accorde une attention particulière au dossier du marché de l'emploi. Il souhaite associer les partenaires sociaux aux discussions et aboutir à des responsabilités accrues pour les Régions.

Les négociations ne seront sans doute pas aisées mais, d'après le vice-premier ministre, il importe de faire preuve d'ouverture du côté francophone et de réalisme du côté flamand.