Bergues : pas Ch'tis, mais gentils

(photo EdA)

À Bergues, lieu de tournage de «Bienvenue chez les Ch'tis», les visites guidées ont commencé samedi. Le plein d'anecdotes.

Z uydcoote. Hondschoote. Coudekerque. Ici, les noms sont faits pour des bouches flamandes. D'ailleurs, même si la Belgique est à plus de 20 kilomètres, nous sommes toujours en Flandre. Et même dans «l'autre Bruges des Flandres».

Bergues. Ses canaux, son beffroi, ses fortifications, son abbaye bénédictine, son Pot'je Vleesch artisanal. Et son tournage avec Dany Boon. Ville flamande donc (le pays des Ch'tis commence en réalité à Calais, à 50 km de là), mais «Bienvenue chez les Ch'tis» quand même. Samedi, tout premier jour des visites guidées axées sur ce film qui a chamboulé la ville du 21 mai au 13 juin 2007.

Un mois de folie

Place Billiaert, au pied du beffroi, l'Office du Tourisme bat le rappel. Il y aura plus de 200 billets vendus en deux heures. Et accessoirement 150 visites du beffroi.

Caméras, micros, appareils photos... Il y en a que ça n'émeut pas. Juste en face, bien arrimé au comptoir du Café du Nord, ech'ti là s'envoie tranquillement son demi. Puis, il ira faire le tour des bistrots de la place, dans le sens des aiguilles d'une montre. La patronne le hèle : «Tu vas pas faire la visite?» Il en avale sa mousse de travers : «Hein? M'en fous mwô! J'vais recevoir eul'DVD et ce serô bin!»

Dany Boon a sa photo dans tous les cafés de Bergues. Il pose. Tout seul, avec le boss, avec toute la famille. Mais les Berguois n'ont ni la fièvre, ni la grosse tête. Ils racontent gentiment, à la demande. Oui, oui, Dany est sympa comme on le dit. Oui, oui, Kad aussi. Mais un petit peu moins quand même.

De l'autre côté de la place, le Café de la Poste (Café de la Porte dans le film) est bondé. Sur l'appui de fenêtre, les appareils photo sont rangés à la queu leu leu. Aymard s'en mord les doigts, pour rire : il est l'ancien patron des lieux. C'est chez lui que Dany Boon s'est pointé un matin de février 2007 pour les repérages. «Il s'est assis au fond et il a pris un café. Moi, j'ai vendu le bistrot au 1er janvier pour prendre ma retraite. J'aurais peut-être dû continuer six mois. C'est rien, je fais le guide à la place!» Il prend la tête d'un groupe de visiteurs, ses photos du tournage sous le bras. «Un mois de folie! Rues bloquées, parking impossible, silence imposé pendant les prises... Et pas mal de confusion : la poste du film est l'ancienne centrale EDF. Des gens y ont cru, à cette fausse poste. Ils y ont posté des lettres. La vraie poste était rebaptisée Perception. Et le maire du film est joué par... le receveur des postes.»

Les frites de Lens

Au carrefour des rues de la Gare et Carinot, Aymard s'arrête. La scène de la pluie torrentielle sur la voiture de Kad, c'était ici. «Il a fallu trois camions citerne et des rampes à eau de 32 mètres de haut.» Quelques caves inondées, dont celle de la mairie. Le joli Pont Saint-Jean, par où Kad repart avec ses bagages sur le toit, mène à la fausse poste. «Aucune scène n'a été filmée à l'intérieur. Mais la production y avait ses bureaux.» Dans l'enfilade, la belle maison censée appartenir à Line Renaud est à deux pas de l'ancien abattoir. Dont les fondations rejoignent le fameux canal du «pipi de la tournée des facteurs». Aymard sourit finement : «Ils ont essayé un système de pompe pour faire semblant d'uriner. Mais ça n'a pas marché. Alors, ils ont choisi de se... forcer en buvant de la bière.» Par la fenêtre d'une voiture, hilare, un gamin hurle un hommage personnel : «Bilouuuuute...»

Tout le monde le sait déjà : la friterie Momo n'existe pas. «C'est la baraque à frites du stade de Lens qu'on a installée sur la place», précise Aymard. Retour au beffroi. Les visiteurs sont ravis. Certains songent à aller revoir le film. Maintenant qu'ils ont inspecté les coulisses...

Pour les prochaines visites (3,5 €), Office du Tourisme de Bergues : 0033/3/28 68 71 06 ou sur www.bergues.fr

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