VIDEO | Mardi, cela fera trente ans que Claude François disparaissait. De nombreux fans continuent à se rendre sur sa tombe et au Moulin, à Dannemois. La caméra d'Actu24 les y a suivi.

«Le soleil est là. C'est un signe de Cloclo depuis le ciel!» Le car roule depuis deux heures, en provenance d'Anderlecht. Destination? Dannemmois, petit village de 700 âmes situé dans l'Essonne, où se trouve le moulin qui fut la résidence campagnarde de Claude François, ainsi que le cimetière où il a été inhumé.

Sur la route, les cars belges sont légion. Car si la date officielle du décès de Cloclo est le 11 mars 1978, ces pèlerins un peu particuliers préfèrent profiter du week-end pour lui rendre hommage. «Mardi, ce sera bondé!», nous dit Daniel Leclaire, qui organise ce voyage pour la première fois.

Son épouse, Dominique Paquet, 44 ans, fan depuis qu'elle a neuf ans, se trouve à ses côtés. Dans sa jeunesse, elle a été Clodette pour un sosie, Sanson François. Mais des soucis de santé l'ont obligée à arrêter. Dans son sac, une série de CD du chanteur malheureux. Elle en tend un à... Claude (un autre signe?), le chauffeur. Les haut-parleurs saturent un peu, mais tout le monde fredonne les paroles par coeur. Les tubes s'enchaînent : Le lundi au soleil, Il fait beau, il fait bon ou encore Comme d'habitude, son plus gros tube, repris plus de 1000 fois et qui rapporte encore un million d'euros chaque année en droits d'auteurs!

Certains évoquent leurs souvenirs. À nos côtés, Patricia Rapetti sort le numéro spécial du magazine Podium, publié récemment. Elle étonne tout le monde par ses connaissances. «Je connais même son numéro de plaque...» «Et la marque de ses slips?», rigole une autre passagère.

Il est un peu plus de midi. Après plus de quatre heures de route, le petit village est en vue. Certaines mines s'assombrissent. Comme si l'émotion se trouvait à la sortie de l'autoroute. Les baffles crachent un Je vais à Rio pas vraiment de circonstance. Dominique Paquet invite les passagers à observer une minute de silence. Seul le GPS n'obtempère pas : «Dans 100 m, tournez franchement à droite.»

Les ruelles sont étroites. Le car rase les murs. Aucun aménagement n'est prévu pour ces touristes d'un jour. Même pas un parking près du cimetière. Celui-ci est pris d'assaut. Les vagues de visiteurs se succèdent devant la tombe du chanteur, où sont inhumés également son père et sa mère.

L'hommage le plus visible reste la statue en bronze, grandeur nature, offerte par le club belge Magnolia for Claude. Justement, la donatrice, Jeanine Verstraeten, arrive au cimetière, fleurs à la main. Son nom vous dit quelque chose? Normal. L'émission Strip-tease, de la RTBF, lui a consacré un reportage en 1988. «Cela ne nous rajeunit pas!, lâche cette habituée des lieux. J'avais vingt ans de moins et quarante kilos de plus! Le club compte toujours une centaine de membres. Mais c'est allé jusque 400. Une chance que j'ai eu un mari qui a accepté tout ça. Trente ans après, on est toujours là, toujours fidèle à Claude. Et puis il y a des jeunes. Cela fait plaisir.»

Les appareils photos sont de sortie. La tombe est mitraillée sous tous les angles. Les larmes coulent sur les joues.

Ensuite, c'est le départ pour la résidence de campagne du chanteur. La bien nommée rue du Moulin voit défiler les groupes. Trois façades affichent un panneau «À vendre». La vie avec tous ces fans aux fenêtres ne doit pas être facile. L'entrée est fixée à 10 €. Certains pestent. D'autres ont acheté un forfait avec la visite et le repas compris et doublent la file qui s'est formée. À l'intérieur, les pavés foulés par Claude, le salon de Claude, la piscine de Claude, les photos de Claude... Les visites guidées se succèdent. Une salle permet de se restaurer. Un spectacle est prévu dans le milieu de l'après-midi. La boutique attire du monde. Il faut dire que la présence de Josette François, la soeur de Claude, non prévue au programme, fait son petit effet... Dans quelques heures, le moulin retrouvera son calme. «Le soir, ici, c'est magique», nous dit une guide. Cela ne durera pas longtemps. Demain, une nouvelle vague de touristes est annoncée.

A Dannemois,
Marc UYTTERHAEGHE

Reportage vidéo,
Julien RENSONNET
 

Prolongez l'info dans L'Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce lundi 10 mars.