"La présidentielle russe pas libre et injuste"

Poutine et son successeur Medvedev. (photo Belga)

Au lendemain de la large victoire de Dmitri Medvedev à l'élection présidentielle russe, des voix s'élèvent pour crier à la manipulation. Selon le chef de la seule mission d'observateurs occidentaux présente en Russie, la présidentielle russe n'a pas été "juste" et "libre".

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"Nous pensons que cette élection n'a pas été libre", a déclaré Andrea Gross lors d'une conférence de presse, interrogé sur les lacunes observées. "Elle n'est pas juste", a-t-il ajouté. "Le président élu va avoir un mandat solide qui lui est confié par la majorité des Russes. En même temps cette élection a reproduit la plupart des défaillances révélées pendant les élections législatives de décembre", a-t-il ajouté.

Le rapport de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), qui a envoyé 22 observateurs en Russie, note des problèmes dans l'enregistrement de candidats (l'opposant libéral et ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov a été empêché de se présenter) et l'inégalité de l'accès des candidats aux médias.

Le chef de la Commission électorale centrale, Vladimir Tchourov, a immédiatement tourné en dérision les conclusions de l'APCE. "Je ne connais pas de document qui réglemente l'utilisation du potentiel démocratique", a rétorqué Tchourov. "Si les remarques et les propositions de la mission de l'APCE concernant les élections de décembre avaient été appuyées par des preuves et avaient été opportunes, nous les aurions prises en compte", a-t-il poursuivi. "Comme nous ne les avons pas prises en compte, cela veut dire qu'elles n'avaient pas été appuyées par des preuves et n'avaient pas été opportunes", a-t-il conclu.

"Libre" et "transparent"

Les observateurs de la CEI (Communauté des Etats indépendant, 12 ex-républiques soviétiques) ont en revanche jugé que le scrutin était "libre" et "transparent" et contribuait au "développement de la démocratie en Russie", selon une déclaration du chef de la mission, Naouryz Aïdarov.

Le successeur désigné de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev, a été élu président de Russie avec 70,23% des voix, selon des résultats quasi-définitifs annoncés lundi par la Commission électorale centrale. Le candidat communiste Guennadi Ziouganov (17,76%) a promis de porter plainte devant les tribunaux pour violations de la loi électorale alors que l'ONG Golos spécialisée dans la surveillance des élections en Russie a dénoncé des "abus massifs".

Avec Belga