Étudier à l’étranger tous frais payés ?

Depuis 2006, le Forem offre des bourses d’immersion

Partir un an à l’étranger, après la rhéto, pour apprendre une ou plusieurs langues, tout en se plongeant dans d’autres cultures, un rêve inaccessible ? Pas forcément. Depuis 2006, le Forem offre des bourses d’immersion allant jusqu’à 15 000 €.

Que faire après la rhéto ? Et si vous partiez à la découverte de la cérémonie du thé ou des vélos d’Amsterdam ? Ou si, vous deveniez capitaine de l’équipe de basket ou des pom-pom girls dans une High School américaine ? Pas besoin de ruiner ses parents, le Forem offre des bourses couvrant jusqu’à 100% des frais pour une deuxième rhéto ou des cours en école de langue ! En 2007-2008, 702 étudiants en ont bénéficié. Sans surprise, une grande partie d’entre eux (30%) ont opté pour une année entière au pays du hamburger. « Les États-Unis ont toujours beaucoup de succès ! C’est là qu’il y a le plus de possibilités d’accueil d’étudiants étrangers. Et surtout, les jeunes ont envie d’expérimenter cette culture anglo-saxonne tellement différente de la nôtre », constate Nathalie Gerlinge, responsable des programmes scolaires de Wep.

L’anglais, néerlandais...

Au niveau des langues, c’est, là aussi sans surprise, l’anglais qui a la cote. 39, 84% des boursiers l’étudient pendant une année. Mais le séjour qui remporte le plus de succès cette année est le séjour combiné néerlandais-anglais, avec un semestre dans chacune des langues. 42,92% des étudiants ont choisi cette option. Et ils devraient être encore plus nombreux cette année. Car, depuis 2007, le montant des bourses varie selon la langue choisie, et les conditions d’octroi ont été modifiées. Seuls les candidats qui ont déjà une bonne connaissance du néerlandais ou de l’allemand peuvent suivre une année entière dans une autre langue. Dans le cas contraire, ils doivent étudier, au moins pendant un semestre, l’une des langues nationales… au grand désarroi de beaucoup de candidats. « C’est évident que c’est moins marrant d’aller à Anvers qu’à Boston. 75% des étudiants qui choisissent un semestre de néerlandais le font pour pouvoir faire de l’anglais après… Mais ça leur donne un très bon niveau. Même s’ils ne s’en rendent pas compte sur le moment, ça leur ouvrira beaucoup de portes : ils reviendront opérationnels dans trois langues ! », explique Alain Bertholet, responsable des programmes linguistiques et scolaires chez Langues Vivantes. Et certains n’hésitent pas à travailler d’arrache-pied pour pouvoir profiter du soleil de Miami durant une année entière. « On voit même des étudiants qui se préparent avant de postuler pour la bourse… Les conditions d’octroi ont vraiment stimulé l’apprentissage du néerlandais avant de postuler pour une bourse en anglais ! »

Et l’allemand ?

Seuls 1,40% des étudiants ont opté pour une année entière en allemand et 5,6% pour un semestre en allemand et un autre en anglais. « Pour l'instant, c’est vrai que, grâce aux bourses, les demandes pour le néerlandais augmentent. Mais l’allemand reste à la traîne. C’est sans doute dû au fait que c’est une langue peu apprise à l’école. De l’anglais ou du néerlandais, tout le monde en a déjà un peu fait, alors que l’allemand, c’est l’inconnu ! », avance Jean-Pierre Wilmotte, responsable des immersions linguistiques au Forem. Adélaïde, elle, n’est pas de cet avis. En rhéto à l’Athénée royal de Jambes, elle vient de postuler pour une bourse pour une deuxième rhéto en Allemagne. « Je me destine à des études de communication. Et, à l’université, les seuls cours de langue proposés sont l’anglais et le néerlandais. Donc, moi, je préfère partir un an pour apprendre l’allemand… » Comme Adélaïde, quelques 700 étudiants sont déjà inscrits pour 2008-2009. Les conditions à remplir sont : résider en Région wallonne, à Bruxelles ou dans les communes à facilité, réussir sa rhéto et avoir moins de 20 ans au premier janvier 2008. Il n’est pas trop tard pour lancer les démarches… « Il est encore temps de postuler pour des bourses. C’est vrai que du côté des organisations, les possibilités se raréfient pour refaire une deuxième rhéto. Mais, pour les séjours en écoles de langue, il est même encore possible de s’inscrire en août, juste avant de partir ! », explique Jean-Pierre Wilmotte. Alors, klaar ? Let’s go !

planlangues.immersion@forem.be

Julie CALLEEUW


 GED

Témoignage :

Faut pas hésiter !


Jacinthe, 19 ans, est en première année de baccalauréat en langues romanes, à l’UCL. Avant de se lancer dans les études, elle a passé neuf mois dans une école d’anglais à Boston, aux États-Unis.

Que t’a apporté cette expérience ?
Une bonne dose de maturité, d’abord. J’ai appris à être plus débrouillarde et cela m’a beaucoup aidée pour ma vie en kot cette année. J’ai fait des progrès incontestables en anglais, aussi. Et, enfin, je me suis fait plein d’amis de tous horizons et de toutes nationalités. Cette expérience m’a vraiment ouvert l’esprit. Je garde d’ailleurs des contacts réguliers avec certaines des personnes que j’ai rencontrées là-bas.

Ce n’était pas trop difficile ?
Si, c’est évident. Quand on réalise que l’on est seule loin de chez soi, c’est très impressionnant. Il y a de gros coup de blues parfois. Mais dès que l’on a compris comment réagir, cela va beaucoup mieux. Il faut s’occuper, bouger, voir ses amis, faire des excursions… Moi, j’ai eu des problèmes avec ma famille d’accueil : ils hébergeaient une quinzaine d’étudiants. Il faut donc bien se renseigner sur les différentes organisations avant de s’y inscrire !

Que dirais-tu aux jeunes qui veulent partir ?
De ne pas hésiter. Mais il ne faut pas s’imaginer que ça va être une année de fête. Il faut travailler et être responsable. Je connais des jeunes qui n’ont pas réussi à se replonger dans le bain des études en revenant. Mais moi, je n’ai pas perdu de vue cet objectif et je n’ai eu aucun problème à m’y remettre.