Brise de Nice et vent de fleurs

Le corso fleuri de Nice : un spectacle haut en couleurs. (photo EdA)

Chaque semaine, un de nos lecteurs vous fait découvrir un coin de France. Pour le cinquième volet de la Francodyssée, Etienne, 49 ans, nous emmène au carnaval niçois. Moments forts : les batailles de fleurs font sensation.

Alors que dans nos carnavals belges on se bagarre à coups d'oranges, d'oursons en peluches ou de vessies séchées, à Nice, ce sont les batailles de fleurs qui font rage. Et quand la brise de mer se renforce sur la Promenade des Anglais, des milliers de pétales multicolores virevoltent devant les yeux émerveillés d'un public conquis. Quel spectacle  !

Carnaval de la démesure, la fête niçoise est surtout réputée pour son corso fleuri. Cette parade parfumée haute en couleurs a servi de modèle à Rio, Los Angeles, La Nouvelle Orléans, Québec et, plus récemment, Tahiti. Pas étonnant quand on connaît le savoir-faire niçois forgé depuis 1830 et l'énergie investie pour préparer la vingtaine de chars habillés de fleurs fraîches. «  Soixante fleuristes professionnels réalisent des prouesses d'imagination, de dextérité et de rapidité. En effet, les fleurs arrivent dans notre hangar atelier la veille du corso, en soirée. Commence alors une véritable course nocturne contre la montre afin que tous les chars soient prêts le lendemain  », explique Alain Rogié, président de l'Amicale des réalisateurs de batailles de fleurs de la ville de Nice.

OEillets, roses, glaïeuls, gerberas, dahlias, iris, lys et autres mimosas (symbole de Nice) sont ainsi soigneusement piqués dans des coussins de mousse. Quatre-vingts pour cent de ces fleurs proviennent de la production locale. Les plants ont été mis en terre dès le mois de novembre pour que la récolte soit disponible en temps voulu. D'autres fleurs sont importées de Hollande, du Kenya et même d'Amérique du Sud. Près de 10 000 tiges fleuries sont ainsi sacrifiées par char, pour le plaisir des yeux (les nôtres en sont encore tout éblouis  !). Au total, plus de 200 000 fleurs sont nécessaires pour l'organisation d'un corso (et il y en avait cinq cette année...). Ajoutons à cela les 100 000 «  munitions florales  » offertes au public au cours de chaque bataille. Quand on vous dit que Nice fait dans la démesure  !

Sachez enfin que le thème de ce carnaval 2008 était «  Roi des Ratapignatas, Raminagrobis et autres ramassis de Rats masqués  ». Ce choix fut bien évidemment influencé par l'entrée récente dans l'année chinoise du rat. Cela nous valut des compositions florales aux formes de gros chats et autres chauves-souris toutes aussi «  rats... vissantes  »  !

Étienne NICAISE
GED
Jeune papy de 49 ans, j'habite à Arbre (près de Profondeville) et tout m'intéresse. Secrétaire de Direction à l'Institut technique de Namur, je suis un passionné de parapente, de sports moteurs, de chant, de William Sheller, et... de mon petit-fils Maxence! (Photo EdA - Jacques Duchateau)

+ Francodyssée 4/9 : Caroline nous fait découvrir la Touraine