La Wallonie fait place aux motor-homes

La Wallonie fait place aux motor-homes

10 emplacements maximum seront autorisés sur les haltes communales aménagées en Région wallonne.

L'accueil des adeptes du motor-home est une calamité en Belgique. La Wallonie lance un plan pour subventionner des sites aménagés. Gros plan.

Le Motor-home est en vogue en Belgique. On estime qu'il y en a près de 16000 en circulation, et les ventes ne cessent de croître. 2286 motorhomes ont été immatriculés en 2006. C'est 50 % de plus qu'en 2002. Et en 2007, la courbe de croissance a été similaire. Mais il n'y a pas qu'en Belgique : Portugal, Slovénie, Suède, Danemark, Pays-Bas... quasi tous nos voisins européens connaissent le phénomène. Une opportunité pour le tourisme wallon.

Au cabinet du ministre Lutgen, on est décidé à prendre le taureau par les cornes. Une politique cohérente d'accueil des motor-homes se met en place. Dans un premier temps, deux projets pilotes sont lancés : l'un dans la province de Namur, l'autre dans le Luxembourg. Des zones prioritaires ont également été définies pour la suite.

Concrètement, la Région va subventionner l'aménagement de zones destinées à accueillir, dans de bonnes conditions, les touristes mobiles. Soit en proposant des services supplémentaires dans un camping. Soit en aménageant un espace public à proximité d'un centre-ville ou d'un site touristique.

Nombre d'emplacements limités à dix, séjour d'une nuit ou deux maximun, afin d'éviter ceux qui s'incrustent et les gens du voyage - pour qui des emplacements spécifiques sont également à l'étude - , tarifs, sécurité, entretien, information : des normes précises sont prévues pour les ères communales mais aussi dans les campings. Pour ceux-ci - solution privilégiée - , l'aide financière peut aller jusqu'à 50 % du total des travaux. Les communes pourront, elles, recevoir une subvention couvrant 90% de leurs frais. De quoi encourager les initiatives.

Zones touristiques

Les deux projets pilotes sélectionnés (sur une douzaine de candidatures) sont liés à des maisons du tourisme. Dans le Namurois, cela couvre le territoire de la Haute-Meuse dinantaise et du Val de Lesse (Anhée, Dinant, Hastière, Onhaye, Yvoir, Houyet, Beauraing et Rochefort). En Luxembourg, ce sont Durbuy, Erezée, Manhay, Hotton, Rendeux, La Roche-en-Ardenne et Houffalize. Des zones éminemment touristiques. C'est évidemment le but.

Les objectifs du ministre Lutgen - qui avait mis en place un groupe de travail dès 2005 - sont clairs. 1) capter une plus-value économique avec une nouvelle clientèle, y compris étrangère; 2°) développer une approche concertée avec les communes et les acteurs touristiques; 3) éviter les pollutions et autres désagréments au paysage liés à un camping sauvage.

Il s'agit de répondre à un besoin criant puisque, contrairement à la France, la Belgique n'est encore «nulle part» dans l'accueil de ce type de tourisme.

+ Deux pages spéciales avec notre carte des zones prioritaires dans Vers l’Avenir, L’Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce lundi 3 mars.