OUFTI-1, le spoutnik des jeunes Liégeois (Vidéo)

OUFTI-1, le spoutnik des jeunes Liégeois (Vidéo)

(photo EdA)

Ce satellite qui tient dans la main s'appelle OUFTI-1. Il devrait flotter en orbite en 2009 : une première mondiale portée par des étudiants! Reportage vidéo !

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C 'est un peu comme s'ils lançaient une première fois leur «bébé» en orbite : ce vendredi midi, les trois futurs ingénieurs de l'Université de Liège et les profs qui les encadrent présentent le projet OUFTI-1 au grand public. Pour ce nano-satellite de 10 centimètres de côté et de moins d'un kilo, ils ont réservé le grand auditoire de l'Institut Montéfiore (*).

C'est là que tout s'est mis en place, entre une cave riquiqui et un labo à peine plus grand. Que d'une mini-cagibi sorte un micro-satellite, c'était couru d'avance.

OUFTI-1 sur Vega

«On parle d'un projet de micro-satellite depuis 2004», commence Jacques Verly, professeur à l'Institut Montéfiore. Nom de code : «Leodium». Ça dort dans un tiroir. Et ça pourrait toujours y dormir 100 ans si Jacques Verly n'avait pas reçu, en septembre dernier, un appel du directeur commercial de la société Spacebel, Luc Halbach. Celui-ci, ingénieur civil électronicien, est aussi passionné de radio-amateur. Et il a une idée : si on mettait la nouvelle technologie de radiocommunication D-Star sur les bandes radio-amateur? D-Star, «c'est un petit bijou de technologie» pour communications numériques. C'est le nec plus ultra à l'assaut des ondes. Un signal parfait, un son pur et la possibilité de transmettre simultanément, en plus de la voix, des données numériques : coordonnées GPS, fichiers MP3, etc.

C'est dit. C'est parti. Le noyau dur se forme : Jacques Verly, Luc Halbach, Gaëtan Kerschen (prof en mécanique et aérospatiale) et Pierre Rochus (Centre Spatial de Liège) vont encadrer les étudiants : la Milanaise Stefania Galli termine son master en mécanique et aérospatiale, Jonathan Pisane (2e master) et Philippe Ledent (1re master) seront bientôt ingénieurs électroniciens.

Parce qu'on ne fait pas n'importe quoi en la matière, Jonathan a passé en urgence sa licence de radio-amateur en décembre. Philippe aura la sienne en mars.

Le 3 janvier, le relais au sol est installé dans la cave de l'Institut Montéfiore. Et c'est déjà une première belge. Une antenne est plantée dans la cour, devant l'Institut.

Après ce premier pas inédit, l'équipe aborde le gros morceau : un relais D-Star dans l'espace. Il s'agit d'envoyer, en première mondiale, cette technologie numérique en orbite, embarquée dans un nano-satellite ou «CubeSat». Il reste à compacter la technologie : tout doit entrer dans le micro-cube.

Le projet a été défendu auprès de l'Agence spatiale européenne par les trois étudiants (lire ci-dessous). Si tout va bien, en 2009, le CubeSat embarquera à bord de la fusée européenne Vega. Ce jour-là, c'est sûr, il n'y aura pas qu'OUFTI-1 qui planera au-dessus des nuages.

(*) Département d'électricité, d'électronique et d'informatique de l'ULg.