Accusée d’avoir triché à un examen par une intelligence artificielle, elle reçoit un 0/20

Une adolescente a été accusée d’avoir triché à un examen par une intelligence artificielle qui surveillait l’épreuve à distance. L’élève a fermement contesté les faits auprès de sa professeure, mais cela n’a rien changé : elle a écopé d’un zéro sur vingt.

La Rédaction de L'Avenir
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Image d’illustration ©Photo News

Depuis la pandémie de covid-19, les cours à distance sont en plein boom aux États-Unis. Et pour les contrôler les évaluations et examens, les établissements scolaires n’hésitent pas à faire appel à des entreprises de surveillance à distance.

Celles-ci ont la capacité de détecter des mouvements, de récolter des enregistrements d’écrans ou de micros d’ordinateurs. Bref, leur but est de faire passer l’envie de tricher aux étudiants.

Le Broward College, en Floride, utilise Honorlock, l’un de ces logiciels. Et ce dernier a récemment fait l’objet de vifs débats au sein de l’école, après avoir accusé une élève (à tort?) de tricherie. L’intelligence artificielle a remarqué que l’adolescente de 17 ans se comportait de manière suspecte lors de son examen de biologie. Celle-ci a reçu un mail de sa professeure dans lequel on peut lire: "Vous avez été observée en train de regarder plusieurs fois en bas et sur les côtés avant de répondre aux questions."

L’observation n’aura pas été sans conséquence pour l’élève, qui a finalement reçu un zéro sur vingt pour tricherie.

Une note que la jeune femme conteste fermement. Selon elle, elle aurait été victime des bugs de l’IA. Elle explique avoir respecté toutes les règles recommandées par Honorlock, comme ne pas utiliser son téléphone ou être seule dans la pièce. L’adolescente a essayé de se défendre devant sa professeure en expliquant simplement avoir réfléchi en regardant ses mains. Explications qui semblent ne pas avoir convaincu l’enseignante.

Cooper Quintin, membre de l’ONG Electronic Frontier Foundation, est critique vis-à-vis de ces outils de surveillance. Il explique que ceux-ci sont trop souvent pris pour "la parole de Dieu", face aux élèves impuissants. La porte-parole de Honorclock a, de son côté, rappelé que si le logiciel permet de reconnaître une éventuelle tricherie, la décision finale de sanctionner ou non revient toujours au professeur. C’est donc à lui de juger s’il y a effectivement bien eu tricherie ou pas.

La mésaventure de l’adolescente aura au moins eu l’effet de remettre sur le devant de la scène la question de la place de l’intelligence artificielle en tant que source indiscutable dans notre société.