Elles participent au clip de "Fils de Joie" de Stromae et dénoncent les mauvaises conditions de tournage

Une danseuse et une figurante sont revenues sur leur participation au tournage du clip de Fils de joie, l’un des titres du nouvel album Multitude de Stromae. Rémunération indécente et froid, elles dénoncent les mauvaises conditions de travail.

Elles participent au clip de "Fils de Joie" de Stromae et dénoncent les mauvaises conditions de tournage
Le clip de Fils de joie , quatrième titre issu du nouvel album Multitude de Stromae, a été tourné dans le courant du mois de janvier au Cinquantenaire de Bruxelles. ©Stromae - Facebook

S'il a été dévoilé le vendredi 4 mars, le clip de Fils de joie , quatrième titre issu du nouvel album Multitude de Stromae, a été tourné dans le courant du mois de janvier au Cinquantenaire de Bruxelles.

Le clip met en scène les funérailles imaginaires d’une prostituée lors d’une cérémonie XXL avec Stromae en maître de cérémonie. "Avec 500 figurants, c’est sans doute le clip le plus ambitieux que j’ai fait", a d’ailleurs expliqué Stromae avant le lancement du clip.

Une danseuse professionnelle ayant participé au tournage a récemment posté un texte "coup de gueule" sur sa page Facebook. Dans celui-ci, elle dénonce la rémunération indécente.

"Toi qui défends des valeurs de justice sociale, pourquoi avoir choisi Abyssal production qui ne semble même pas se préoccuper de rémunérer décemment les travailleur.euses de la culture? Est-ce vraiment cohérent? 150€ pour 5 jours de travail (répétitions, essayage et tournage en extérieur). Contrats, conditions et charges de travail révélées après le résultat du casting. Mail de planning reçu la nuit ou en dernière minute. Mépris et manque de professionnalisme de la part de l’organisation et des chorégraphes pour les danseur.euses. Sans parler des gaufres en guise de catering", explique-t-elle.

Interrogée par nos confrères de la RTBF, la jeune femme va plus loin: "On connaissait les jours de tournage, mais pas les jours de répétition. Donc pour quelqu’un qui travaille – il y avait des profs, il y avait un peu de tout…- c’était très incertain de savoir comment s’organiser pour cette semaine. Au départ, il s’agissait d’un projet rémunéré et quand on a appris qu’il s’agissait de 150 euros pour les cinq jours, on était déjà un peu engagé dans le projet. […] On attendait une rémunération. Pour moi, une rémunération, c’est un contrat de travail, ce n’est pas un défraiement. Si on veut offrir 150 euros pour un tel travail, c’est ok dans certains cas. Si le projet fait appel au bénévolat, alors là, oui."

Une autre personne, figurante cette fois, est également revenue sur son expérience auprès de la RTBF. Elle explique qu’elle et les autres figurants ont souffert des conditions de tournage dans le froid. "Ça implique une très grande disponibilité puisqu’on devait être là à partir de 6 heures du matin et globalement, la journée se terminait vers 17 heures. Et ça deux jours de suite. Le souci, c’est quand on se rend compte de ce que ça demande en termes de temps, de disponibilité, d’énergie, et là, en l’occurrence, de condition physique, puisque le tournage s’est déroulé au mois de janvier et qu’il faisait à peu près 1°C mais ressenti moins 2, sachant qu’on ne bougeait pas. Ça veut dire qu’on reste sur des scènes le temps que les caméras passent, en tant que public on était statique. C’était extrêmement difficile", se souvient-elle.