Toux, C4, larmes: le discours de la reconquête de Theresa May tourne au cauchemar

Quintes de toux, irruption d’un comédien, lettres qui s’effondrent: le discours de reconquête de Theresa May a tourné au cauchemar hier à Manchester, fragilisant un peu plus la Première ministre britannique, au gouvernement miné par les divisions sur le Brexit.

Ce devait être le congrès du renouveau pour Theresa May, l’occasion de tourner la page des législatives du 8 juin et du revers essuyé par les tories, qui ont perdu leur majorité absolue, et elle une bonne partie de son autorité.

Hélas, tout ou presque est parti de travers lors de son allocution devant ses ministres et des centaines de militants du parti conservateur, réuni en congrès depuis dimanche à Manchester, la grande ville du nord-ouest de l’Angleterre.

Comme poursuivie par un chat noir, Theresa May a vu son discours brièvement interrompu par un manifestant - un acteur - qui lui a tendu un formulaire de licenciement, prétendument à la demande de son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

Theresa May a également été stoppée par de fréquentes quintes de toux, jusqu’à ce que son ministre des Finances Philip Hammond lui fasse parvenir un bonbon pour calmer sa gorge.

 Theresa May

Enfin, deux lettres du slogan «Building a country for everyone» (Bâtir un pays pour tous) inscrit derrière elle se sont détachées tandis qu’elle s’exprimait...

Pour le quotidien «Guardian» (centre gauche), «difficile» de ne pas y voir la «métaphore» d’une Première ministre «à la peine» et «à court d’idées».

«Quel désastre!», a taclé Seema Malhotra, députée de l’opposition travailliste, sur Twitter. «C’est un vrai foutoir, pas un gouvernement».

Dans un éditorial cinglant, le quotidien conservateur «Daily Telegraph» jugeait même la Première ministre «finie».

«Je suis désolée»

Tant bien que mal, entre deux quintes de toux, Theresa May a tenté de présenter sa vision des mois et années à venir, appelant son parti à faire bloc derrière elle et à dépasser ses divergences sur le Brexit.

«Mettons-nous à niveau et donnons au pays le gouvernement dont il a besoin», a-t-elle déclaré.

Dans un discours se voulant porteur d’espoir à l’heure où le Royaume-Uni affronte avec le Brexit son plus grand défi depuis la Deuxième Guerre mondiale, la dirigeante a appelé ses troupes à «surmonter les obstacles» pour «renouveler le rêve britannique».

Et devant des militants toujours déboussolés par la déconfiture des législatives, elle a de nouveau présenté ses excuses: «Je suis désolée.»

Pas de quoi reconquérir le cœur des militants et des Britanniques.