Enfants coincés dans une grotte en Thaïlande: le gâteau d’anniversaire de Pheeraphat est resté au frigo - 04/07/2018 10:36:26

THAÏLANDE -

Dans la maison de Pheeraphat, dans le nord de la Thaïlande, le gâteau d’anniversaire n’a pas été jeté: sa famille attend son évacuation de la grotte où il est coincé depuis plus de dix jours pour le fêter même si les heures risquent d’être longues avant sa sortie.



«Le gâteau est au frigo. Je le garde là pour lui faire la surprise» à son retour, explique Phunphatsa Sompiengjai, la sœur de celui que ses proches appellent par son surnom, «Night», et qui a eu 17 ans le 23 juin.

Après des jours sans nouvelles, Pheeraphat et ses onze coéquipiers bloqués avec leur entraîneur de football ont enfin été retrouvés lundi soir, à plusieurs kilomètres au fond de la grotte, au-delà d’une zone désormais inondée.

Sa mère, Supaluk, qui redoutait de ne plus entendre le son de la voix de son fils, se raccroche aux quelques mots, précieux, entendus dans une vidéo tournée dans la grotte et diffusée mercredi par les sauveteurs aux familles sur un grand écran près de la grotte.

«Je l’ai vu. C’est le garçon avec le T-Shirt rouge et blanc. Il dit + Bonjour, je suis Night. Je vais bien +», dit sa mère, émue.

«Cela fait vraiment du bien de savoir qu’il est en sécurité. Mais ça ira mieux quand il sera sorti de la grotte», ajoute-t-elle.

L’évacuation promet en effet d’être délicate, avec de longs passages de plongée. Et les sauveteurs continuent de se battre avec le niveau de l’eau, qu’ils tentent de faire baisser avec tout un système de pompes.

Goal

Pheeraphat avait rejoint l’équipe de foot des «Sangliers sauvages» il y a environ un an, comme goal, raconte sa famille.

Trois autres garçons de l’équipe viennent de ce même village où toute la communauté vit dans l’attente de leur retour. Les quatre garçons étaient inséparables.

Le samedi 23 juin, Pheeraphat s’était rendu à l’entraînement de football, comme à son habitude, avec ses amis. Il devait ensuite rentrer à la maison pour fêter son anniversaire avec sa famille.

«Nous avions préparé le dîner d’anniversaire et des proches nous avaient rejoint», explique la sœur de l’adolescent, recevant l’AFP dans leur maison du village de Ban Vienghom, dans la province de Mae Sai, à la frontière de la Birmanie.

Inquiète de cette absence prolongée inhabituelle, la famille a attendu des heures, avant d’appeler les amis de leur enfant et leurs parents.

Fête dans la grotte?

Le fait que les jeunes footballeurs se seraient rendus dans la grotte de Tham Luang après l’entraînement, pour une raison encore non expliquée, a vite été envisagé comme une hypothèse plausible. Aujourd’hui, la famille de Pheeraphat se demande si l’équipe de football n’avait pas eu l’idée d’aller dans la grotte pour justement y fêter l’anniversaire.

Les proches de Pheeraphat évoquent une collecte de friandises organisée ce jour-là par les enfants. Ils ont pu avoir envie d’aller souffler les bougies dans cette grotte qu’ils connaissaient bien pour y avoir déjà faire plusieurs sorties.

Les inquiétudes des familles se sont confirmées quand ont été retrouvées les affaires des enfants, leurs sacs et chaussures, à l’entrée de la grotte.

Les recherches ont alors commencé dans la soirée, avant d’être interrompues pour la nuit. Les pluies diluviennes de la nuit ont ensuite empêché toute recherche à pied.

Et d’un fait divers local, l’histoire a au fil des jours pris une ampleur nationale, puis internationale, avec des spécialistes étrangers appelés en renfort et des chaînes de télévision de tous les pays attendant dans la zone de la grotte.

Mais pour la famille de Pheeraphat, l’événement relève du drame intime. «Quand il revient, nous lui ferons sa surprise. On lui a aussi acheté des cadeaux», assure sa grande-tante, Phakawan Wangyao.

(AFP)