Dans les escalators du métro, «expats dans le bon sens, migrants à rebours» - 26/01/2018 14:41:00

EN IMAGES / Bruxelles -

Un nouveau collectif «anti-xénophobie» a pris les stations de la STIB comme terrain de jeu. Le C.R.A.P. dénonce la montée du racisme chez nous avec un affichage rigolard sur les escalators.



Le tout nouveau collectif C.R.A.P. (Cultural Resistance Artivist Platform) a passé la nuit du 24 au 25 janvier dans le métro de Bruxelles. Sur ce terrain de jeu, la plateforme d’activiste usant de la culture pour résister, a laissé parler son art.

Lors d’une action «commando», les membres de la plateforme ont collé des «signaux directionnels» au sol des stations, en haut et en bas des escalators. Le but? Symboliser les parcours diamétralement opposés des migrants d’une part, et des expats d’autre part, sur le sol belge.

«Alors que les expats sont invités à prendre les escalators qui grimpent, les migrants doivent pour leur part utiliser les escalators qui descendent. Le système les bloque», décrypte le C.R.A.P. dans un communiqué.

Comme sous l’apartheid

L’action veut «critiquer le racisme institutionnel et la culture de la ségrégation qui grandit en Belgique. La façon dont on regarde ces deux types de voyageurs est diamétralement opposée», estime le C.R.A.P., «même s’ils ne sont pas du tout différents. Et ça affecte la façon dont les politiques de la “forteresse Europe” les traitent».

Selon les activistes, les signaux collés dans les stations STIB évoquent les panneaux «colorés» et «blancs» placés dans les bus, les bars et les magasins des USA ou de l’Afrique du Sud durant les années de ségrégation et d’apartheid. «Les régimes racistes du passé ont été détruits par le pouvoir du peuple», estime Camille, du C.R.A.P. «Ce qui s’est passé dimanche soir au parc Maximilien, avec des milliers de personnes bloquant la police, montre que la Belgique peut résister à la montée de la xénophobie».

 

 

J. R. (L'AVENIR)