Le mois d’août 2017 dans la ziquemachine à remonter le temps - 01/08/2017 07:00:00

MUSIQUE -

Petit moment de détente musical. Qu’écoutait-on en août 2007, 1997, 1987, etc.? Réponse dans ce petit montage signé Patrick Zirpolo qui nous emmène dans une ziquemachine à remonter le temps.



2007 Mika – Relax, Take It Easy

 

En février 2007 sort le 1er album d’un jeune chanteur anglo-libanais inconnu de 23 ans, Michael Holbrook Penniman, qui se fait appeler Mika. Sur Life in Cartoon Motion ne figurent quasi que des tubes! Après le succès de Grace Kelly en mars 2007, on sait déjà que Relax take it easy sera parfait pour l’été. C’est ce qui se produit cinq mois plus tard: le titre entraînant et dansant figure en tête de nombreux hit-parades européens.

Ce qui est curieux, c’est que le single était déjà sorti un an plus tôt dans l’anonymat le plus complet. Le succès de Life in Cartoon Motion change la donne. Relax est basé sur la ligne mélodique du tube de Cutting Crew dans les années 80, (I Just) Died in Your Arms. Sur l’intro, on peut également penser à Spacer, tube disco chanté dans les années 70 par Sheila.

«J’ai toujours voulu faire une chanson dance qui n’en soit pas tout à fait une, qui soit plutôt organique», déclare Mika à l’époque. C’est pourquoi il l’enregistre avec de véritables instruments et des gars qui ont bossé avec Quincy Jones et Michael Jackson. À l’écoute, on pense aux tubes discos des Bee Gees.

Plusieurs explications ont filtré sur l’origine des paroles de ce titre. Mais la bonne semble être celle-ci: Mika se trouvait dans les transports en commun à Londres lors des attentats de 2005. «Took a ride to the end of the line (Je suis allé au bout de la ligne); Where no one ever goes (Là où personne n’est jamais allé); Ended up on a broken train with nobody I know (Ca avait fini dans un train cassé avec des inconnus); But the pain and the longings the same (Mais la douleur et les regrets sont les mêmes)… Le refrain invite à rester calme, car on ne peut plus rien y faire…

 

L’info pour faire le malin. Il existe deux clips pour cette chanson. Le premier mélange sur un fond bleu des images de concerts de Mika avec des dessins et logos issus du graphisme de l’album et que l’on retrouve sur des titres comme Grace Kelly, Lollipop… Le second reprend des images de concert prises depuis la foule. On y voit aussi Mika signer des autographes ou rire avec son équipe dans les coulisses.

 

1997 Phénoménal Club – Il est vraiment phénoménal

 

En août 1997, c’est sur un tout autre style de musique que les gens dansent en France et en Belgique. Le morceau Il est vraiment phénoménal devient l’u n des tubes de l’été. Il est chanté par Phénoménal Club, un groupe de musique franco-belge.

Le single festif aux paroles assez basiques – «Il est vraiment phénoménal, il mériterait d’être dans le journal, dans le journal de Claire Chazal, Et peut-être même plus sur Canal Plus» – entre dans le hit-parade français début juin 1997. Il n’en sortira que 35 semaines plus tard… Il atteindra la septième place en France mais fonctionnera mieux chez nous en atteignant la 3e place de l’Ultratop la semaine du 15 août.

Véritable chanson pour faire la fête, elle a encore aujourd’hui du succès dans les stades de foot, les fêtes foraines, les mariages… Ou quand Claire Chazal annonce son départ du JT de TF1 vingt ans plus tard!

 

L’info pour faire le malin. Mais qui se cache derrière Phénoménal Club? Vous allez être étonnés! Le premier membre n’est autre que… Philippe Dhondt, plus connu sous le nom de Boris, qui a fait un carton en 1995 avec Soirée Discoet voix masculine du groupe d’acid house belge Pleausre Game, connu pour son hit Le dormeur en 1991. A la composition on retrouve Xavier Decanter, alias DJ Xam, connu aussi sous le nom de Tom Snare. Il y a aussi les producteurs belges d’Amnesia et de Pleasure Game: Michel Nachtergaele et Bruno Vangarsse.

 

1987 Vanessa Paradis – Joe le taxi

 

En août 1987, une jeune gamine de 14 ans au déhanchement hésitant et un peu gauche trône en tête des hit-parades avec une chanson intitulée Joe le taxi. La jeune fille s’appelle Vanessa Paradis et est tout à fait inconnue, sauf pour les téléspectateurs de l’émission de Jacques Martin L’école des fans, dans laquelle elle est venue chanter Émilie Jolie de Philippe Chatel en mai 1981.

C’est grâce à son oncle et parrain, l’acteur Didier Pain, qu’elle fait son incursion dans la chanson. En 1985, elle se retrouve à faire les chœurs sur l’album Normal de Franck Langolff, ami de Renaud pour qui il a composé Morgane de toi(1983). C’est alors qu’il est en train d’écrire avec Étienne Roda-Gil (le parolier historique de Julien Clerc) un album pour Sophie Marceau que Didier Pain vient lui présenter sa nièce.

Charmés par la jeune fille, ils lui écrivent deux ans plus tard Joe le taxi qui deviendra un succès à travers toute l’Europe. Le titre sera même numéro 3 en Angleterre, performance jamais vue pour une chanson en français depuis le sulfureux Je t’aime moi non plus de Serge Gainsbourg et Jane Birkin en 1969.

Le single se vendra à plus de 3 millions d’exemplaires. Le succès international poussera la maison de disques à sortir l’album qui suit dans le monde entier, mais ce sera un échec. Vanessa Paradis lancera, malgré elle, la mode des lolitas. Elle sera aussi la victime de quolibets et de la jalousie d’une partie du public. Mais elle poursuivra sa carrière malgré tout. Joe le taxi sera repris dans plusieurs langues: espagnol (Voy en taxi), portugais (Vou de taxi), en cantonais (Joe le taxi), en allemand (Hallo taxi)…

 

L’info pour faire le malin. La chanson parle d’un chauffeur de taxi qui se promène dans Paris, avec son saxo jaune. Ce personnage est inspiré de Maria-Josée, figure des nuits parisiennes, qui reconduisait les fêtards du club Privé dans les années 80. Et puis vient le moment culturel dans les paroles: «Joe le taxi, Et Xavier Cugat, Joe le taxi, Et Yma Sumac, Joe-Joe-Joe…» Beaucoup ont chanté ces paroles sans savoir qui étaient Xavier Cugat et Yma Sumac.

Le premier est un musicien espagnol décédé en 1990 et qui était aussi appelé Cugi ou le Roi de la rumba. La seconde est une chanteuse péruvienne naturalisée américaine décédée en 2008 et reconnue pour sa voix exceptionnelle qui couvrait quasi 5 octaves.

 

1977 Boney M. – Ma Baker

 

On a déjà évoqué dans cette rubrique de la Ziquemachine la genèse du groupe Boney M. Projet du producteur et chanteur Frank Farian lancé en 1976, le groupe disco-pop se compose de Liz Mitchell, Maizie Williams, Marcia Barrett et de Bobby Farrell. Mais si le groupe est bien réel sur scène, la plupart des chansons sont enregistrées en studio par Liz Mitchell et Frank Farian (qui trafique sa voix via des effets sonores) et Marcia Barrett qui fait le plus souvent les chœurs. Sur scène, lors des play-back, le fantasque danseur antillais Bobby Farrell fait donc semblant de chanter…

En août 1977, après avoir remporté de gros succès avec Daddy Cool puisSunny, Boney M. triomphe avec Ma Baker. «Freeze I’m ma Baker, Put your hands in the air and give me all your money…» (Personne ne bouge, je suis Ma Baker, mettez vos mains en l’air et donnez-moi votre argent): ces par ces mots que commence la chanson inspirée par Kate Barker (surnommée Ma Barker), criminelle à la tête d’un gang composé notamment de ses enfants dans les années 20 dans le Midwest. Frank Farian – qui n’était pas à une bizarrerie près – change le Barker en Baker et raconte une histoire un peu différente de la réalité historique. Mais ce ne sont pas les paroles qui sont importantes.

Ma Baker sera l’un des tubes de l’été 1977, restant plusieurs semaines dans le classement des meilleures ventes.

 

L’info pour faire le malin. La mélodie de Ma Baker est en fait une adaptation disco d’une chanson du folklore tunisien,Sidi Mansour (Allah Allah Ya Baba)… Rien à voir donc avec les États-Unis et le crime organisé. Mais bon, sur les pistes de danse, tout le monde s’en fout.

 

1967 Procol Harum – A Whiter Shade Of Pale

 

Frank Farian n’est évidemment pas le seul compositeur à s’inspirer de la musique qui l’entoure pour en faire des tubes. Le processus est vieux comme le monde. En 1967, le nouveau groupe Procol Harum en fait l’expérience avec la mélodie de A Whiter Shade of Pale, dont la ligne d’orgue s’inspire de la sinfonia en fa majeur de la cantateIch steh mit einem Fuß im Grabe (BWV 156)3 et laSuite pour orchestre no 3 en ré majeur(BWV 1068) de Jean-Sébastien Bach.

Le groupe est formé à ses débuts de Gary Brooker (chanteur et pianiste), Keith Reid (parolier), Matthew Fisher (orgue), Ray Royer (guitare)et David Knights (basse). Le nom Procol Harum vient du nom du chat siamois de Guy Stevens, le manager du groupe, qui valait une petite fortune. «Nous aussi on va bientôt valoir une petite fortune» lui dit en substance Gary Brooker, le leader du groupe. Il fut alors décidé d’appeler le groupe Procol Harum.

À Whiter Shade of Pale (Une teinte plus blanche que la pâleur) est une chanson au texte ésotérique, sans véritable signification. Cela n’empêche pas le titre de devenir numéro un peu partout en Europe. Ce titre figure parmi les chansons fondatrices du rock progressif. La chanson originale comportait quatre strophes, mais seulement deux furent enregistrées. Par contre, en concert, le groupe a souvent chanté la troisième, plus rarement la quatrième. Le premier clip a été tourné dans les ruines de Witley Court in à Worcestershire.

 

L’info pour faire le malin. En 2005, l’organiste Matthew Fisher intente une action en justice contre Gary Brooker pour être reconnu comme l’un des co-compositeurs du titre. L’affaire durera trois ans avec de nombreux appels. Finalement, Fisher sera reconnu comme co-compositeur. Il sera autorisé à percevoir 40% des royalties perçues pour la composition.

 

M.U. (L'Avenir)