Pourquoi des enseignes bien moches ont envahi le centre de Liège - 24/04/2017 15:54:29

LIÈGE -

Plusieurs commerçants de l’hypercentre de Liège ont accroché de fausses enseignes sur des vitrines de magasins. Ils dénoncent le manque de diversité commerciale et le fait que de belles façades historiques soient défigurées par le «grand n’importe quoi» qui règne.



À force de les avoir sous le nez, on ne les voit même plus. Mais il suffit de s’arrêter quelques instants, sur la place du Marché par exemple, pour qu’elles vous filent un coup de poing dans l’œil. Les enseignes tape-à-l'œil, aux couleurs criardes, peu esthétiques ont un peu envahi de nombreuses façades anciennes de l’hypercentre de Liège.

Le groupement de commerçants liégeois «Touche pas à mon commerce» a entrepris de dénoncer cette dérive avec humour et originalité en apposant, ce lundi matin, de fausses enseignes sur les vitrines de commerces des places du Marché et Saint-Lambert. Ces fausses enseignes sont elles-mêmes tape-à-l'œil, côtoyant parfois de quelques centimètres de «vraies» enseignes, qui ne sont pas moins laides.

8000 signatures en début d’année

«Le centre-ville regorge de façades magnifiques. Arrêtons de les défigurer! Remettons-les en valeur», lancent ces commerçants. Ils comptent interpeller les citoyens, les commerçants eux-mêmes, mais aussi les autorités politiques de la Ville, ce lundi soir au conseil communal.

«Ceci fait suite à l’action “Touche pas à mon commerce”, entreprise en décembre par huit libraires de l’hypercentre», explique Mathieu Brion, lui-même libraire sur la place Saint-Lambert. «Nous souhaitons dénoncer le manquer de diversité commerciale dans l’hypercentre. Par ailleurs, dès qu’un magasin est vide, il est envahi par un magasin “bas de gamme”», autant de phénomènes qui menacent la qualité de l’offre commerciale liégeoise, selon lui.

Une pétition intitulée « Touche pas à mon commerce » a circulé à l’initiative de ces huit libraires, en début d’année, et a récolté quelque 8000 signatures. Elles ont été déposées au collège communal fin mars, lequel s’est montré disposé à faire évoluer la situation. «Les choses sont en cours, tout le monde est uni: politiques, commerçants, etc. Notre but, c’est d’ouvrir le débat, dégager des pistes pour sauver le commerce au centre-ville.»

«

Regardez la place du Marché, elle pourrait être super belle, mais elle est vraiment défigurée par du «n’importe quoi».

»

«Regardez la place du Marché, elle pourrait être super belle, mais elle est vraiment défigurée par du “n’importe quoi”», regrette encore Mathieu Brion. Le danger de pointer un type de commerces en particulier pourrait survenir, ceux que d’aucuns appellent les «Paki» par exemple, ou encore les snacks pita.

«Mais nous voulons être clairs à ce sujet: il ne s’agit pas de pointer un type de commerces. D’ailleurs, le magasin Kausar, qui correspond à ce qu’on appelle un “Paki”, s’est joint à nous», tient à préciser le libraire. «Nous ne prétendons pas détenir la vérité ou savoir ce qui est beau et laid.» Simplement alerter les autorités et l’opinion sur la dévalorisation du patrimoine bâti en cours dans l’hypercentre.

Benjamin HERMANN (L'Avenir)