« Des gens compétents dégommés » - 06/07/2013

Cet inspecteur en fonction, qui veut conserver l’anonymat, a échoué aux examens en mai. Il est furieux et compte aller au Conseil d’État.



Que reprochez-vous à cet examen ?

C’est un test qui n’a rien à voir avec la fonction. L’aspect pédagogique n’a pas été abordé. Le test administratif était d’une simplicité enfantine. Puis, on a eu le raisonnement verbal et le jugement situationnel. On nous a interrogés sur la gestion d’un théâtre ou comment réagir si on tombe sur l’extrait de compte d’un collègue. On a eu 28 questions de ce type en 22 minutes!

Vous évoquez aussi des inégalités entre ceux qui ont passé le test samedi et ceux du dimanche.

Les questions étaient les mêmes les deux jours. On sait que les gens ont envoyé des espions le samedi et qui ont fait des captures d’écran. Dans les statistiques qui circulent, il y a quatre fois plus de réussite le dimanche que le samedi.

Le taux d’échec est pourtant important.

Il n’y a que 3 % des 650 personnes qui ont réussi, dans un premier temps. Ensuite, le Selor a adapté les résultats en fonction de la commande du client. Il fallait 38 %… Ce test est vraiment entaché de nombreuses irrégularités.

Selon vous, ce test ne reflète pas les qualités des inspecteurs en fonction ?

Dans le fondamental, on est 80 faisant fonction qui ont toujours été évalués par leur hiérarchie et qui ont raté cette bouffonnerie. Dans le secondaire, ils sont 50.

C’est vexatoire d’avoir dégommé des gens compétents pour y mettre des autres. Ceux qui ont réussi n’ont même pas été interrogés sur leurs compétences pédagogiques!

Des recours vont tomber ?

Il y a déjà cinq bureaux d’avocats qui vont aller au Conseil d’État. Cette bouffonnerie aura coûté 240 000 € à la Communauté française. Plus les recours qui seront à la charge du perdant. Et j’ai décidé d’aller plus loin, au civil, pour réclamer des dommages et intérêts.

On m’a jugé comme incapable de gérer plusieurs situations en même temps. Alors que j’ai été régulièrement évalué depuis plus de 7 ans avec des rapports positifs des chefs d’établissement rencontrés.

E. H.

E. H. (L'Avenir)