La Belgique va livrer Bemba - 25/05/2008

La Belgique a "l'intention" de livrer l'ex vice-président congolais Jean-Pierre Bemba à la Cour Pénale Internationale. Mais la procédure est longue. Un mandat d'arrêt international pour crime contre l'humanité pèse sur l'ancien chef de guerre.  

Le porte-parole du ministre de la Justice, Jo Vandeurzen, a confirmé dimanche l'arrestation la veille de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba et l'"intention" de la Belgique de le transférer à la Cour pénale internationale (CPI) qui a lancé un mandat d'arrêt contre lui.

"Il a été arrêté hier (samedi) chez lui dans la région de Bruxelles", a indiqué à l'AFP Leo De Bock, porte-parole de Jo Vandeurzen. "Nous avons exécuté une demande d'aide de la Cour pénale internationale de La Haye, c'est normal que nous le fassions", a-t-il ajouté. "L'intention maintenant est de l'emmener à Scheveningen, la prison de La Haye", a encore précisé le porte-parole.

Longue procédure 

La porte-parole du parquet fédéral Lieve Pellens a de son côté indiqué que cette procédure d'extradition pourrait prendre "un à deux mois". M. Bemba sera d'abord présenté dès dimanche après-midi à un juge d'instruction qui décidera probablement de l'"arrêter" formellement, pour empêcher une fuite, a-t-elle précisé.

Etape suivante: dans les cinq jours, la chambre du conseil se prononcera sur son extradition, avec la possibilité d'appels. "C'est une procédure classique d'extradition, assez compliquée, dans laquelle la procédure simplifiée du mandat d'arrêt européen ne joue pas étant donné que la CPI est un tribunal d'exception. On peut donc penser à un délai de un à deux mois", a ajouté la porte-parole, qui a refusé de donner des détails sur les circonstances de l'arrestation de l'ancien vice-président congolais.

Déjà condamné en Belgique 

Par ailleurs, Jean-Pierre Bemba a été condamné par contumace en mai 2003 par le tribunal correctionnel de Bruxelles à un an de prison ferme pour "traite d'être humains". M. Bemba et sa femme étaient accusés d'avoir fait entrer illégalement à la fin des années 1990 deux employés en Belgique, où tous deux résidaient alors. Interrogée sur cette condamnation et l'impact éventuel sur la procédure d'extradition, Mme Pellens a indiqué ne pas être au courant de l'affaire. Mais "il serait possible de mettre en pause la condamnation. Est-ce qu'on donnerait la priorité à l'exécution d'une peine d'un an alors que la CPI a besoin de lui dans une enquête importante? ", a-t-elle ajouté.

Jean-Pierre Bemba a été arrêté samedi près de Bruxelles à la demande du procureur de la CPI qui le poursuit pour deux chefs de crimes contre l'humanité, et quatre chefs de crimes de guerre, entre octobre 2002 et mars 2003.