« Le législateur doit embrayer »

Satisfait de la décision du Conseil d'État, le bourgmestre de Rumes (Capt'ain) estime que le législateur doit aller plus loin.

Christophe Desablens

Michel Casterman admet avoir été surpris par la décision du Conseil d'État de donner raison à la Commune de Pecq quant à sa volonté d'ordonner la fermeture des dancings à 8 h du matin. En clair, toutes les communes pourront dorénavant prendre des arrêtés semblables à celui de Pecq, et stopper une bonne fois pour toutes le phénomène des after. « Cette décision apporte une solution à une partie de la problématique des mégadancings sur notre territoire. On se trouve cette fois face à une mesure générale et non plus face à un règlement communal, et c'est important car c'est un peu facile de mettre la lutte contre cette transhumance du matin trop souvent meurtrière sur le dos des bourgmestres. » Pour M. Casterman, un formidable travail piloté par le parquet de Tournai est réalisé à l'échelle de l'arrondissement judiciaire de Tournai. « Ce qui est remarquable, c'est que tous les bourgmestres, même ceux qui n'ont pas de discothèque sur leur territoire, soutiennent par solidarité les mesures prises en matière de lutte contre la consommation de drogue, pour limiter le danger sur nos routes ». Pour le bourgmestre de Rumes, le politique devrait embrayer sur la décision du Conseil d'État, et aller plus loin encore. « Ma commune n'est pas directement concernée par cette décision dans la mesure où nos boîtes de nuit respectent un règlement communal datant d'août 2002, non contesté dans les délais requis, et qui limite les heures d'ouverture à 8 h du matin. Mais franchement, le législateur devrait prendre la balle au bond et imposer une heure de fermeture plus raisonnable à l'échelle nationale. Les bourgmestres de la zone de police du Tournaisis ont imposé l'arrêt des fêtes sous chapiteaux à 5 h du matin ; ça me semblerait être une bonne piste pour les boîtes de nuit. En France, on ferme les discothèques à 5 h du matin, alors pourquoi ne pas en profiter pour mettre en place une coopération transfrontalière en la matière ? » Une telle loi soulagerait les petites communes qui n'ont pas la vie facile face à aux mégadancings. « Malgré certains efforts des patrons, des clients colonisent des plaines de jeux quand ce ne sont pas des jardins privés. Des gens qui, s'ils ne sont pas bien méchants, ne sont cependant pas dans leur état normal et inspirent la méfiance et parfois l'inquiétude des concitoyens ». Les nuisances sonores sont encore problématiques à La Glanerie. « Les gérants du Cap'tain n'ont pas encore terminé d'importants travaux d'insonorisation ; nous verrons si le résultat sera à la mesure de l'attente du voisinage. Notre approche est globale : par exemple, nous avons demandé aux responsables du dancing de nettoyer les abords au-delà de l'environnement immédiat de la boîte de nuit ».

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