Qui va négocier quoi à la COP21

La COP21 est cruciale pour la planète. Mais les «parties» ne négocieront que sur les objectifs à atteindre pour la sauver. Pas sur les moyens.

Alain Wolwertz

Même le plus irréductible des optimistes n'y croirait pas. La planète sauvée le 12 décembre à l'issue de la COP21, ce ne sera pas le cas. Pour la simple et bonne raison que ce n'est pas à ce sommet climatique, qualifié par beaucoup de «la dernière chance», que seront prises les décisions qui permettraient de réduire les gaz à effet de serre (GES).

Même en cas de succès des négociations, après la COP21 il restera encore beaucoup de travail aux États avant de pouvoir dire qu’on est sur la voie d’un sauvetage de la planète bleue.

Car au Bourget, les chefs d'États et de gouvernements vont seulement négocier un accord-cadre. C'est déjà beaucoup et c'est même essentiel. Car il s'agit de définir les objectifs à atteindre et de faire en sorte qu'ils soient le plus ambitieux possible.

Ça, c’est le point de départ, le cadre. Concrètement, dans le cas de la conférence parisienne, il s’articulera autour d’un maintien sous les 2° C du réchauffement de la Terre, ce qui passera par une réduction des GES de 40 à 70% d’ici à 2050, estiment les experts.

Ensuite, si ce cadre est admis par tous, ce sera à chaque pays, de décider ce qu’il mettra dans ce cadre. Coup d’arrêt des industries grosses productrices de GES, soutien aux énergies renouvelables, développement d’une agriculture plus durable ou… le tout à la fois, cela relève de la politique nationale et ce sera donc à chaque pays d’en décider.

Qui est à la table des négociations de Paris?

À la table parisienne, on retrouvera 194 pays + l’Union européenne qui parlera d’une seule voix. Il y a donc eu, et il y aura dans les deux semaines à venir, des discussions entre pays européens pour accorder les violons climatiques sur le vieux continent.

Trouver un accord global, dessiner ce cadre n'est pas toujours simple. Et les 195 «parties» (COP = conférence of parties) ont d'ailleurs connu de nombreux échecs depuis la première COP, à Berlin en 1995.

Le dernier échec fut celui de Copenhague en 2009 (COP15) lorsqu’un objectif commun n’avait pu être trouvé. Depuis, les COP qui ont suivi n’ont été que quelques emplâtres sur la jambe de bois danoise.

L’enjeu de la COP21 est donc de donner un nouveau souffle à la lutte contre le réchauffement climatique en dessinant un nouveau cadre qui sera le plus ambitieux possible en termes de réduction de GES.

Mais aussi – et c’est l’autre enjeu pour les négociateurs – définir un cadre qui permettra de vérifier si les «parties» respectent ensuite leur engagement et de les sanctionner si ce n’est pas le cas. D’où l’idée d’obtenir un accord qui serait juridiquement contraignant.