Sept kade dans ton champ, dit le proverbe

Quand tu as sept kade dans ton champ, ton grenier est rempli», professe un proverbe qui semble tiré d’un almanach réinventé.

J.H.
Sept kade dans ton champ, dit le proverbe
Senegal (138).JPG ©ÉdA/J.-C.H

Dans les campagnes autour de Diourbel, ville à l’Est de Dakar, veillent en sentinelles d’imposants baobabs au bas du tronc pelé. Tout en contraste, les kade, fantomatiques acacias, étendent sur les parcelles cultivées leurs branches faméliques. Épineuses et nues.

«Ils perdent leurs feuilles au début de l'hivernage, à contretemps des autres arbres. Ainsi, les feuilles donnent de l'humus avant les plantations, et ils ne font pas d'ombre sur les récoltes», explique un responsable de l'URAPD.

Cette union régionale d’organisations paysannes fédère 35 groupements villageois. 2 697 membres au dernier comptage, dont 65% de femmes. Elle s’est vue confier notamment les anciennes pépinières d’État.

«Avant, les gens ne plantaient jamais d'arbres, par crainte que les oiseaux mangent les graines», dit-il. On a beaucoup abattu, pour le bois de chauffage. Confronté à la déforestation, qui assèche le climat, le gouvernement sénégalais l'interdit fermement. Pour couper un tronc, il faut une autorisation en bonne et due forme. Alors parfois, pour obtenir ce droit de couper, les villageois faisaient mourir l'arbre.

«À présent, nous encourageons pour qu'ils en plantent même dans les champs», explique le responsable paysan. «Les feuilles donnent de l'humus, et les animaux qui viennent paître dans leur ombre, après les récoltes, enrichissent le sol.»