Quatre génisses pour cuisiner au gaz

«Un bio-digesteur et quatre génisses suffisent pour alimenter en gaz une famille pendant une année entière», explique Paul Thiao, un expert de la Fongs, animateur rural, qui a également travaillé, dans les années 80, à l’introduction du solaire au Sénégal.

J.H.
Quatre génisses pour cuisiner au gaz
Senegal (183).JPG ©ÉdA/J.-C.H

Dans sa cuisine, une ménagère du village allume fièrement les becs du réchaud «made in China» puis y pose sa casserole.

«Les femmes sont dans de meilleures conditions pour cuisiner», poursuit Paul. «Jamais elles ne voudraient retourner en arrière.» Et c'est vrai que le procédé, sous réserve d'être bien entretenu et de prouver sa fiabilité, paraît idéal. La bouse de vache récoltée est d'abord mixée avec de l'eau dans un mélangeur. Ce liquide passe dans une citerne centrale où il fermente, produisant le gaz. Le reliquat se déverse naturellement dans deux grandes cuves où il sèche et sera récupéré pour fertiliser les champs. Simple. Et pas trop cher, à notre échelle de valeur: 500 000 CFA, soit 763€ l'installation, financée à 80% par l'État, dans sa lutte contre la déforestation.

Les villageois sont mis à contribution «en nature» pour les 20% restant, creuser le trou, apporter les briques. Manière de les impliquer, aussi, pour préserver l'outil. Cinq «biogaz» ont été construits rien que dans ce village. Le programme du gouvernement prévoit d'en financer 10 000 «mais ce sera insuffisant pour satisfaire toute la demande».