Trop chaud pour travailler?

À partir de mercredi, le mercure dépassera les 30 degrés. N’espérez pas être dispensé de travailler pour autant.

Caroline Desorbay
Trop chaud pour travailler?
Canicule travailleur ©Reporters (Illustration)

Être dispensé de bosser parce que la température des locaux flirte avec les 30 degrés… N'y pensez pas même si votre bureau n'est pas climatisé. « Ça n'existe pas», tranche Alain Soetens, chef de direction au service contrôle du bien-être au travail de la section Namur, Luxembourg et Brabant wallon. « Mais en cas de fortes chaleurs, les employés ont tout de même droit à certaines mesures de protection: de l'eau potable en suffisance, des stores pour se protéger des rayons du soleil, des ventilateurs, des vélums et des couvre-chefs pour ceux qui travaillent à l'extérieur…L'employeur peut aussi adapter les horaires pour éviter au personnel de devoir travailler aux heures les plus chaudes »

À partir de quelle température peut-on être interdit de travail? «Les limites de température varient en fonction de la pénibilité du travail. Les valeurs d'action d'exposition à la chaleur sont fixées à partir de l'indice WBGT. La température est mesurée à l'aide d'un " thermomètre globe humide " (Wet Bulb Globe Temperature) qui tient compte de l'humidité et de la température de rayonnement des objets dans l'environnement».

Pas de bol, il arrive généralement que l’indice WBGT soit inférieur de 3 ou 4 points par rapport à la température climatique ressentie. Plus la charge de travail est lourde plus l’indice WBGT est bas: il est de 29 pour une secrétaire ou un délégué commercial mais tombe à 18 pour les personnes qui montent sur des échelles ou font des travaux d’excavation.

«Arrêter le travail ne s'impose que dans des conditions bien définies, précise Alain Soetens, par exemple quand la chaleur technologique produite par des machines s'ajoute à la chaleur climatique ou quand des " désamianteurs " doivent travailler dans un espace confiné comme un grenier».

Petit coup de sonde du côté de l’entreprise liégeoise Galère (construction ou restauration de bâtiments et génie civil). Pas question de renvoyer le personnel chez lui ni même de décaler la journée mais des aménagements sont tout de même prévus.

«On a rappelé à tous les conducteurs de chantiers les mesures à adopter en cas de forte chaleur, affirme Bénédicte Fraikin, chargée de communication. Ils doivent prévoir de l'eau en suffisance, 2 à 3 litres par personne, adapter le travail en planifiant les tâches les plus lourdes le matin et s'assurer que leurs hommes portent leur tenue de travail. Pour des raisons de sécurité, il est interdit de travailler en short ou torse nu».

Vague de chaleur plutôt que canicule

Les travailleurs sur chantiers n’ont pas fini de suer. Les prévisions de l’IRM font état de températures supérieures à 30 degrés la semaine du lundi 6 au dimanche 12 juillet. Le mercure va s’emballer dès demain, il franchira le cap des 30 degrés pour culminer à 34 degrés (sous abri) samedi dans la capitale. Un coup de tonnerre localement et une petite baisse des températures dimanche – un petit 25 degrés – et ça repart de plus belle.

À l'IRM, on préfère l'appellation «vague de chaleur» à celle de canicule utilisée en France. « On parle de vague de chaleur à partir de cinq jours où la température est supérieure à 25 degrés dont trois affichent au moins 30 degrés», précise Georges Carpentier, prévisionniste à l'IRM. Le plus dur dans les prochains jours, ce sera de trouver le sommeil. Jeudi, vendredi et samedi, les températures nocturnes seront de l'ordre de 20 degrés et plus.