Les oiseaux de Wallonie sont touchés par le réchauffement climatique

La population d’oiseaux de Wallonie est touchée par le réchauffement climatique.

Les oiseaux de Wallonie sont touchés par le réchauffement climatique

Ainsi, la migration printanière a été avancée pour plusieurs espèces et les hivers doux ont un effet positif pour les espèces sédentaires ou celles migrant sur de courtes distances, indique une étude d’Aves, le pôle ornithologique de Natagora, réalisée en collaboration avec le Service public de Wallonie.

Aves a analysé la vaste bibliographie européenne consacrée au réchauffement climatique et à ses effets possibles sur la biodiversité et l’a croisée avec les observations de terrain collectées depuis 50 ans par les milliers d’ornithologues amateurs en Wallonie. Le but était de préciser dans quelle mesure les modifications observées à l’échelle européenne peuvent être mises en évidence en Wallonie.

«Au cours de cette étude, nous avons notamment pu déceler une tendance à l’avancement de la migration printanière, d’ampleur variable selon les espèces. Nous avons également constaté un impact positif des hivers doux sur les espèces sédentaires ou celles migrant sur de courtes distances, et une tendance à la méridionalisation des communautés d’oiseaux. Ainsi, les espèces que l’on observe aujourd’hui en un lieu donné sont celles que l’on observait plus au sud il y a 20 ans», explique Jean-Yves Paquet, directeur du département Etudes de Natagora.

«Globalement, il est difficile de voir qu’une espèce en particulier régresse ou au contraire progresse à la suite des changements climatiques. Mais la combinaison et l’analyse des données suggèrent que plusieurs espèces doivent leur régression actuelle au moins en partie à une modification du climat: Pipit farlouse, Grive litorne, voire Pie-grièche grise. La progression d’espèces comme le Tarier pâtre ou l’Hypolaïs polyglotte peut elle aussi vraisemblablement être reliée au réchauffement global», explique Aves.

Mais, conclut l’étude, les changements dus au réchauffement observés à ce jour dans notre région ne constituent qu’une menace relativement mineure comparée aux transformations de l’environnement imputables aux activités humaines, qui sont particulièrement sévères en Wallonie. «Toutefois, une grande prudence s’impose pour les prédictions futures vu la complexité des mécanismes à l’œuvre, l’éventualité que les effets s’expriment avec un délai de retard et, surtout, l’incertitude sur la façon dont l’homme réagira à cette menace», ajoutent encore les auteurs de l’étude.

© 2022 Belga. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de Belga.