Drame du GR20 : «Par sale temps, le Cirque de la solitude est très dangereux»

Le drame du GR 20 qui a fait 3 morts et 4 blessés (dont un Belge) rappelle que la randonnée en Corse n’est pas une balade de santé. Particulièrement dans le fameux «cirque de la Solitude». Anne-Sophie y est passée par sale temps. Elle y a eu la peur de sa vie.

Martial DUMONT
Drame du GR20 : «Par sale temps, le Cirque de la solitude est très dangereux»
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Il y a un an, Anne-Sophie Lizin partait pour la grande aventure: le GR 20 en Corse. Une randonnée de 15 jours et 177 kilomètres du sud au nord de la Corse sur le «chemin le plus difficile d’Europe».

Elle savait que ce serait dur. Particulièrement dans le célèbre «cirque de la Solitude». C’est là que, 3 personnes ont été tuées hier et 4 blessées (dont un Belge dans le coma), emportés par un glissement de terrain consécutif à de violents orages.

Pour elle, qui a descendu la paroi abrupte particulièrement angoissée», le sale temps rend ce passage très dangereux.

« Il faisait très humide, et il y avait des rafales de vent qui m'obligeaient à me tenir assise» explique-t-elle. «Rien qu'à en parler, j'en tremble encore». «C'est vraiment un passage scabreux. La première partie descend à pic. La seconde partie, il y a des chaînes pour se tenir et on descend en arrière, notamment par des échelles.. Avec le vide derrière soi, ça fait peur.» explique la jeune femme.

« Regardez dans tous les guides: chaque fois, on précise que le cirque de la Solitude est très dangereux voire déconseillé quand la météo n'est pas bonne. Les pierres glissent, la roche est friable. Aun moment, on était dans le brouillard et on a entendu quelqu'un au-dessus qui criait «attention!». Une pierre s'était détachée: elle est venue s'écraser sur le sac à dos d'un randonneur plus bas. D'ailleurs le jour où nous l'avons fait, d'autres ont renoncé et ont pris une navette pour contourner le cirque».

L’accident survenu hier donne à Anne-Sophie des sueurs froides rétrospectives.

«Si c'est un éboulement, ça ne m'étonne pas» dit-elle. Le jour où nous l'avons fait, certains ont mis trois heures en plus avec un guide…» conclut Anne-Sophie, secouée par l'accident de ce mercredi.