Dutroux veut un bracelet électronique

Dutroux n’a aucune chance de l’obtenir maintenant mais il a demandé une libération sous bracelet électronique…

Dutroux veut un bracelet électronique
NEUFCHATEAU-JUSTICE-DUTROUX ©Belga
A.W.

Marc Dutroux a introduit jeudi une demande de surveillance par bracelet électronique, a confirmé hier Laurent Sempot, le porte-parole de l'administration pénitentiaire. Le moment où le détenu est théoriquement libérable est calculé selon divers critères, comme la récidive. Cette date théorique de libération sous conditions arriverait bientôt. «Six mois avant d'avoir effectué le tiers de sa peine, à savoir avril 2013», précise Laurent Sempot.

Dutroux, condamné en juin 2004 à la perpétuité, entre donc bientôt dans les conditions d’une telle libération.

Un avis devra être rendu par la direction de la prison de Nivelles, où il réside actuellement, et par le ministère public, ce qui peut prendre plusieurs mois, a ajouté Laurent Sempot. Le tribunal de l’application des peines prendra alors ensuite la décision de le libérer ou non sous condition de surveillance par bracelet électronique.

Les avis seront basés sur plusieurs conditions. Tout d’abord, s’agissant d’un délinquant sexuel, un avis spécialisé en la matière devra être rendu. Ensuite, la possibilité de réinsertion dans la société sera examinée par le biais de différents critères: logement, emploi du temps, travail, revenus… De plus, le détenu doit présenter un comportement qui ne risque pas d’importuner les victimes. Enfin, il devra être assuré qu’un risque de récidive est totalement écarté. Voilà pour le principe de ce type de libération conditionnelle.

Inutile de dire que la demande de «l’homme le plus haï du royaume» n’a aucune chance d’aboutir…

Lejeune: « normal, il entre dans les conditions… »

Mais évidemment, alors que la vive émotion suscitée par la libération de Michèle Martin est loin d’être retombée, cette demande de son ex-mari déchaîne déjà les passions des internautes sur les réseaux sociaux et les sites d’actualité.

Car bien que normale, juridiquement parlant, cette demande de libération est ressentie par beaucoup comme une provocation.

Jean-Denis Lejeune, père d'une des victimes de Dutroux, commentait d'ailleurs hier soir: «La loi lui permet de le demander, c'est un droit, il entre dans les conditions et je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas le faire […]» Le père de la petite Julie n'acquiesce évidemment pas, mais il sait que Dutroux ne passera pas cette fois au travers «des mailles trop larges du filet». Par contre, ajoute-t-il, cela démontre l'urgence d'un vote durcissant les conditions de libération conditionnelle. «Pour que des criminels qui commettent des faits aussi graves ne sortent pas aussi vite. Et que Dutroux tombe sous le coup de cette nouvelle législation.»

A.W.

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