Une « haie du déshonneur » pour le tortionnaire de Rocco

Un habitant de Obourg, qui avait battu à mort son chien Rocco avec une pelle, comparaît devant le tribunal correctionnel de Mons. Il a été accueilli par une « haie du déshonneur » par des membres d’Animaux en Péril.

Alain Wolwertz
Une « haie du déshonneur » pour le tortionnaire de Rocco
Divers_201112060901_20766206.jpg ©Animaux en Péril

Une vingtaine d’activistes de l’ASBL Animaux en Péril se sont rassemblés hier matin devant le palais de Justice de Mons. Les membres de cette association de protection des animaux ont voulu réserver un accueil particulier à un habitant de Saint-Denis (Obourg, près de Mons) qui, l’an dernier, a martyrisé son chien jusqu’à la mort.

L’homme, qui a battu l’animal à coups de pelle, comparaissait devant le tribunal correctionnel pour ces faits. L’objectif de cette « haie du déshonneur » avec laquelle les manifestants voulaient accueillir le bourreau du chien était de « rappeler au tribunal que les problèmes liés au bien-être animal doivent être traités avec le plus grand sérieux », indique Marie-Laurence Hamaide, chargée du suivi des dossiers judiciaires pour Animaux en Péril.

Le prévenu, arrivé bien plus tôt au tribunal n’a cependant pas eu droit à sa « haie du déshonneur». Son avocat n’a par contre que peu goûté cet accueil…

Ce mardi, seules ont eu lieu les auditions de témoins de cette affaire dont la poursuite a été reportée au 13 mars.

Patte sectionnée, œil crevé…

Le chien martyrisé à Obourg avait été découvert par un délégué d’Animaux en Péril après une dénonciation d’un voisin. L’animal, un sharpei, avait été frappé avec une pelle puis enfermé dans une remise, sans eau ni nourriture.

Lorsqu’il a été découvert, il était agonisant, souffrant de plusieurs fractures aux pattes, dont une ne tenait plus que par un tendon, il avait un œil crevé et était complètement sous-alimenté. Ses membres étaient nécrosés et gangrenés après une semaine passée sur le sol en terre battue, sans soin.

« Lorsque notre délégué s’était adressé au propriétaire, il lui avait dit qu’on pouvait le prendre mais que, lui, il ne voulait pas “mettre un rond pour soigner ce clebs”», se souvient Marie-Laurence Hamaide.

Emmené chez un vétérinaire, l’animal n’avait pas survécu à ses blessures et était mort avant même que le vétérinaire puisse l’euthanasier.

Animaux en Péril, qui poursuit systématiquement au tribunal les personnes qui se rendent coupables de maltraitance envers les animaux gère actuellement une vingtaine de dossiers. « Il s’agit généralement de maltraitance par négligence et manque de soins. Nous avons aussi quelques dossiers de chiens tués par balle par des chasseurs ou des voisins mécontents. Mais des dossiers de coups volontaires aussi graves que ceux-là sont heureusement assez rares. »

À l’époque, ce dossier avait suscité un grand émoi chez les défenseurs des animaux et une pétition contre le propriétaire du chien avait même circulé en France.¦